Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 00:11

LA GUERRE DES BOUTONS

LA NOUVELLE GUERRE DES BOUTONS

Yann Samuell / Christophe Barratier

 

2 étoiles                                 0 étoiles bis

 

EN BREF:

Deux guerres lassent. Les producteurs devraient le savoir, le battage médiatique autour de ces deux films a été insupportable. N'empêche qu'au jeu de la comparaison, un l'emporte clairement sur l'autre: la version Yann Samuell.

 

guerre-des-boutons-2.jpgguerre-des-boutons-4.jpg

 

La polémique autour de ces deux films a été assez insupportable. Ridicule, c'est le mot qui vient à l'esprit pour les deux adaptations du bouquin de Louis Pergaud. Mais en même temps, compréhensible est l'envie, pour les deux réalisateurs, de réadapter cette fameuse guerre des boutons, qui oppose comme chacun sait la bande de Longevernes et celle de Velrans. Je voulais voir les deux films pour m'amuser à comparer (pas si amusant que ça finalement, parce que devant le deuxième, l'ennui a été abyssal). Mais j'ai quand même eu une belle surprise devant le premier, qui m'a divertit, et même parfois surpris. Les deux réalisateurs ont beaucoup de points communs. Tous deux en sont à leur troisième "gros" film. Les deux ont eu un brillant premier succès (le très joli Jeux d'enfants pour Yann Samuell, et les superbes Choristes de Barratier). Les deux ont réalisé une daube (l'immonde L'âge de raison, pour Samuell, et le très moyen Faubourg 36 pour Barratier). Les deux ont pour thème de prédilection l'enfance, et ils ont su démontrer qu'ils savent, y compris dans la guerre des boutons, diriger les gosses. Les deux Tigibus montent le niveau, bien que très différents l'un de l'autre, même si l'avantage va de nouveau à Samuell, qui a su diriger tous les enfants de manière naturelle, avec une jolie prestation de Lanterne, la fille qui jette le trouble dans la bande de garçons, une belle fougue dans le regard de L'Aztec, le chef de la bande adverse, et un charisme a peine voilé de Lebrac, le chef. De son côté, Barratier dirige une bande de gosses sympathiques, mais pas toujours naturels.

 

Une comédie, certes sans grande surprise, mais assez originale pour captiver le jeune public et s'imposer comme une agréable madeleine de Proust pour les parents.

Films Actus, à propos de la version Samuell


Les différences des deux films résident dans l'époque. Quand Samuell décide de placer son action dans la campagne des années 60, Barratier se place un poids supplémentaire (et qui alourdit terriblement son film), en la situant à la fin de la seconde guerre mondiale. Autant dire que la guerre des boutons passe totalement au second plan chez Barratier, qui filme beaucoup trop les adultes, et ne nous laisse pas nous attacher aux enfants. Samuell décide de donner à son film une ambiance beaucoup plus bon enfant, c'est agréable à regarder, c'est relativement frais, assez simple, et plutôt drôle. Barratier veut un film guerrier, c'est extrêmement lourd (une musique assourdissante et incessante de Philippe Rombi; une intrigue guerrière absolument hors sujet, et qui ennuie plutôt qu'elle intrigue), et rarement drôle. L'autre différence se situe au niveau de l'intrigue. Barratier décide de montrer, au final, un village uni contre la Stasi qui sauve une fillette juive des griffes des nazis. Samuell décide de montrer "l'émancipation intellectuelle" des enfants, avec un destin personnel assez fort, celui de Lebrac, qui se retrouve à bosser à la place de son défunt père. Et il remporte encore une fois ce point là: son histoire prend plus, on s'attache vraiment aux enfant. Autre point pour Samuell, et haut la main: le casting adulte. Quand Barratier se goure sur toute la ligne en prenant Kad pour un rôle dans lequel il n'est absolument pas crédible, Laetitia Caste dans une partition insupportable et Guillaume Canet qui joue avec un balai dans le cul (ne parlons pas de Gérard Jugnot...), Yann Samuell privilégie la franche drôlerie, avec une hilarante passe d'insultes entre les excellents Alain Chabat et Eric Elmosnino, et l'inoubliable prêtre, le jubilatoire Fred Testot. Une erreur de casting pour Samuell: Mathilde Seigner, pas franchement crédible.

 

Pas de doute, on n'avait rien vu d'aussi sinistre depuis bien longtemps.

TéléCinéObs, à propos de la version Barratier


Alors au final, deux guerres de boutons, est-ce vraiment utile? Non, mais on avait la réponse avant de voir les deux films. Reste à attendre la ressortie en salles de celui d'Yves Robert, que les deux réalisateurs ont au moins le mérite de ne pas copier. En tout cas, les deux films sont nettement éloignés, en qualité, j'irais même jusqu'à conseiller, pour un bon moment, le film de Yann Samuell, quand je déconseillerais à tout enfant et à tout adulte celui de Christophe Barratier. Une raison aurait suffi à ce choix: la fin du film. Si celui de Barratier se termine en queue de poisson, de manière totalement bâclée et consensuelle, celui de Samuell se termine sur quelque chose de beau, de poétique. Un grand dessin, filmé avec délicatesse, pour résumer au mieux l'esprit d'enfance qui règne sur ce petit bout de film. Générique. Chez Barratier, encore une fois, une musique symphonique nous presse de quitter la salle, les oreilles en charpie. Chez Samuell, Alain Souchon chante ce qui sied le mieux au film: J'ai dix ans. C'est évident.

 

guerre des boutons

 

60% pour Samuell.

 

guerre-des-boutons-3.jpg


24% pour Barratier.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Platinoch 25/09/2011 20:56


Comme Georges, je n'ai vu que le Samuell. Et franchement, même s'il est plutôt sympathique, ça ne casse pas trois pattes à un canard. En fait, je ne comprends pas trop l'intérêt de ces réalisateurs
de refaire une histoire déjà bien mise en scène par Yves Robert mais qui est tout de même franchement datée. Comme tu le dis, le casting malin de Samuell et le coup de l'émancipation intellectuelle
sauve les meubles. Je m'attends vraiment au pire pour le film de l'infâme Barratier qui se complait dans la naphtaline et les bons sentiments lacrymaux. Encore faut-il que j'ai deux heures à perdre
pour aller le voir...


Gagor 26/09/2011 00:05



Conseil: sauve ces deux heures là s'il est encore temps! Après, je comprend l'intérêt qu'ont eu les deux réalisateurs, je comprends moins le manque d'audace et le cadre dans lequel ils ont décidé
de tourner ces guerres de boutons...



georges 23/09/2011 13:45


j'ai vu celui de Samuell, même si pas parfait, au scénario qui traine un peu parfois, l'ensemble dégage suffisamment de fraicheur et d'espièglerie enfantine pour nous charmer par moments, avec
aussi pas mal de délicatesse, de sensibilité, notamment dans les scènes entre Lebrac (charismatique) et l'excellent Eric Elmosnino, les enfants ont bien aimé, le p'tit Gibus est adorable, bref
c'est pas mal, je vais voir ce week-end le Barratier, et vu ta (et toutes) les critiques, je m'attends au pire! dommage car j'aime bien ce réalisateur mais apparemment il n'a pas eu le temps d'y
mettre un peu d' "âme"!


Présentation

  • : Le blog de levolution.over-blog.com
  • Le blog de levolution.over-blog.com
  • : Critiques des films récents, bilans mensuels... Coup de coeur, coup de blues, l'évolution du cinéma, et la mienne, aussi.
  • Contact

J'écoute...

Recherche

LES 10 DERNIERS COUPS DE COEUR

Les amants passagers

Les amants passagers

Queen of Montreuil

Queen of Montreuil

The sessions 2

The Sessions

Syngué sabour

Syngué Sabour

Les chevaux de Dieu

Les chevaux de Dieu

Wadjda

Wadjda

Archives

Catégories