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12 février 2012 7 12 /02 /février /2012 00:15

festival d'hiver

 

DETACHMENT

Tony Kaye

 

1 étoile bis

 

EN BREF:

Une dramatisation indigeste, un film vide d'intérêt et inutilement acharné. Si Adrien Brody ne démérite pas en prof désincarné, le propos, lui, est effacé par excès, et la mise en scène dépourvue d'idées percutantes.

 

detachmet.jpg

 

On était assez impatient de découvrir ce qu'on attendait un peu comme une version américaine et mélo du fascinant Entre les murs, excellente observation du milieu scolaire français, dans un style épuré qui convenait totalement au propos. On tombe de très, très haut. D'abord parce qu'Adrien Brody, s'il joue le rôle écrit pour lui avec beaucoup de talent, n'a aucune crédibilité en prof, et que ses dialogues sont totalement biaisés, notamment lorsqu'il fait classe. Là ou le film se trompe, c'est en se faisant un parangon de la cause éducative américaine. Alors, une heure et demie durant, il dénonce. Sans étayer son propos sur une réalité crédible. Et montre le quotidien exaspérant d'un prof à la dérive, dans un navire qui coule progressivement. Autre erreur, alors qu'on attendait une immersion relativement complète dans un système, on regarde avec beaucoup trop d'extériorité le film, étant donné de l'acharnement qu'a mis le scénariste à écrire ce personnage de prof. Dans sa vie, il y a un grand-père, des souvenirs qui se recomposent, une maman décédée, une jeune prostituée qu'il prend sous son aile, pour la redonner à un foyer plus. Bref une intense solitude. Arrivent derrière tout ça des élèves qui se perdent, mais dont on ne verra rien à la progression, qu'elle soit positive ou négative. Tout juste sentira-t-on le malaise d'une jeune ado grosse et dépressive, qui a un univers très noir, mais est très créative, jusqu'à un acte désespéré et réfléchi, qu'on voit arriver de très loin.

 

La facture du film, en forme de clip interminable, achève de mettre les nerfs en pelote.

Libération


Autant dire qu'on patauge dans le caricatural, l'excès total. On sort à peine la tête de l'eau devant certains passages, certaines scènes qu'on allait trouver belles ou simplement crédibles, que le cinéaste, armé d'énormes sabots et de violents violons, nous assène sans ménagement de lourds clichés, de ceux-là même qui paraissent indémontables et vous mettent, de manière assez malhonnête, les spectateurs dans la poche. Il n'y a rien de crédible ici, à partir du moment ou le prof, impassible face à un élève qui vient de jeter son sac et menace de lui mettre un coup de boule, le renvoie à sa place sans même hausser le ton. Le discours est pompeux, l'émotion inexistante parce que bien trop appuyée (une musique constante accentuant une lourdeur déjà très marquée dans le scénario et la réalisation), les idées narratives hallucinantes d'indigence (ces dessins à la craie, censés montrer le malaise, et qui démontent rigoureusement le semblant d'intérêt qu'aurait pu présenter le film, ou encore ce vrai-faux interview face caméra du prof, qui s'exprime sur son métier et son ressenti, interview à laquelle on ne croit pas du tout). Tout ce qui aurait pu paraitre sincère est étouffé par une mise en scène assourdissante et indécente, si bien qu'au bout d'un moment, on lâche l'affaire. A peine esquisse-t-on un rictus d'agacement lors d'un moment d'anthologie, lorsque Adrien Brody prend la voix de sa mère pour son père mourant. Le film est d'une prétention assez incroyable pour ce qu'il est, on aurait préféré qu'il se concentre sur ce qu'il promettait, en tire quelque chose d'intéressant, au lieu de prétendre à montrer une société en perdition, par un symbolisme écrasant et simpliste.

 

detachment.jpg

 

29%.

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commentaires

thibault 14/02/2012 15:08

Chris, ca veut dire quoi Il pue des pieds ??? Je comprend pas ton commentaire ...

Chris 12/02/2012 12:19

Je suis obligé de passer derrière mymp, qui se spécialise dans le detachment bashing ! Le film n'a rien à voir avec Entre les murs, son sujet est beaucoup plus large et ambitieux, et il est
foutrement complexe. Enfin, il pue un peu des pieds, ce qui n'est pas si courant.

mymp 12/02/2012 11:58

Une belle purge, et devant tant de caricature et de putasserie, ça en devient presque un chef-d'oeuvre de ridicule ! Je ne crois pas avoir jamais vu un tel film s'enfonçant ainsi dans la prétention
et le simplisme. C'est raté à tous les niveaux, surtout effectivement par rapport à celui de la cause éducative.

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