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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 21:11

ET SI ON VIVAIT TOUS ENSEMBLE?

Stéphane Robelin

 

2 étoiles

 

EN BREF:

Un film d'abord assez drôle, puis très vite mordant, et finalement très touchant. Mention spéciale au couple Pierre Richard-Jane Fonda. On ne boude pas son plaisir.

 

et si on vivait

 

Quand on entre dans la salle, on est persuadés qu'on va voir une agréable daube, de celles qu'on aime de temps en temps regarder, pour oublier le reste, et ne s'inquiéter que de petites histoires sans conséquences. On se rend rapidement compte qu'on a trop vite parlé du film. Ne pas se fier aux apparences, Et si on vivait tous ensemble? n'est pas qu'une chronique sur les joies et déboires de la vieillesse, c'est aussi un point de vue sur notre perception de celle-ci, les tabous et les manques de cette frange finalement assez abstraite. Qui ne s'est pas demandé un jour ce que faisaient nos grands-parents lorsque nous ne sommes pas en train de partager ce déprimant repas le plus souvent dominical? Voici la réponse à nos questions, dans une comédie pas si comique que ça, servie par un grandiose casting, deux légendes vivantes (Fonda et Richard), trois immenses noms (Rich, Chaplin et Bedos), et une valeur sûre du "jeune" cinéma (Brühl). Trois tableaux au départ: Claude est seul, encore très actif sexuellement (avec des prostituées); Albert a des poussées d'Alzheimer, et sa femme Jeanne, qui va bientôt mourir, s'inquiète de le laisser seul; Annie et Jean sont un peu seuls, minés par ce temps qui passe. Quand le coeur de Claude se met à vaciller, et qu'une amitié de plus de 40 ans est mise à mal par la vie qui fait des siennes, une décision s'impose, on va vivre ensemble, et s'entraider. Vient s'ajouter à cela un universitaire, qui fait une thèse sur les personnes âgées, et observe cette communauté se faire, avec des accrochages, des petites révélations et des grands bonheurs.

 

"Et si on vivait tous ensemble ?" (...) se révèle tonique, drôle et touchant. Grâce à une troupe solidaire de comédiens bien nés dont la valeur se fout du nombre des années.

Marianne


En filmant ainsi une communauté de personnes âgées, le réalisateur réveille un petit rêve pour nous, enfants ou petits-enfants de ces personnes dont la question de la dépendance finira par arriver. On aimerait bien que nos ascendants se trouvent des amis comme ça, et qu'ils profitent pleinement de leur vieux jours, en bonne et vivante compagnie. Stéphane Robelin, dont c'est le deuxième long-métrage, trace son film comme une utopie, ce bonheur vers lequel on aimerait tendre, plus tard, mais qui reste difficilement réalisable. Des réconciliations, des engueulades, du bon vin, des bons mots sur la condition de la vieillesse... Tout ceci n'aurait aucun charme sans l'intervention d'un casting parfait, et c'est le meilleur rôle de tous les "vieux" acteurs depuis des années ("pas si vieux que ça", comme dit Daniel Brühl dans le film). Il y a une sorte de valeur ajoutée, une poésie qu'on aurait surement pas eu avec des vieux inconnus. Parce qu'on a tissé des liens avec chacun de ses acteurs, parce qu'on les retient forcément dans leur jeunesse, et qu'on sait quelle a été leur évolution.

 

Un poil informe, reposant sur l'abattage de son casting, le film fait mouche du côté du crépuscule, grâce au couple improbable Jane Fonda/ Pierre Richard.

Les Inrocks


Mais ils n'effacent pas le talent certain du réalisateur pour l'écriture, certaines scènes sont des bijoux, à commencer par la dernière, plutôt forte, qui vous décoche, sans que vous vous en rendiez compte, une petite larme, et qui vous laisse sur une belle émotion. Les personnages sont ciselés, joliment dessinés, toujours avec une personnalité bien marquée, et on retient de tous certains détails. D'Albert (parfait et touchant Pierre Richard), on retient la manière poétique de noter ce qu'il ne veut pas oublier. De Jeanne (impériale Jane Fonda), on retient la fougue de vie, le désir de sensualité. De Claude (Claude Rich), on garde ce désir, que rien ne pourrait estomper, cette envie de profiter, malgré un problème de coeur. De Jean (Guy Bedos), on ressent cette brisure subtilement amenée de vieux militant. D'Annie (Géraldine Chaplin), on garde la douce folie d'une grande enfant. Nage au milieu de cette communauté le personnage auquel le public plus jeune s'identifiera, qui découvre un lieu de vie, une chaleur qu'il croyait interdite à cette tranche d'âge, des amours effacées du champ des possibles. Stéphane Robelin réalise un film d'une agréable, drôle et douce folie, qui se termine sur une note infiniment touchante, dans une scène qui mêle la fugacité d'une vie à la solidité d'une amitié.

 

et-si-on-vivait-2.jpg

 

64%.

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