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5 octobre 2011 3 05 /10 /octobre /2011 02:51

UN HEUREUX EVENEMENT

Rémy Bezançon

 

1 étoile bis

 

EN BREF:

Le film s'appuie en entier sur le tonique duo Bourgoin-Marmai, qui ne suffit pas à transformer un scénario lourd et complaisant en or.

 

un-heureux-evenement.jpg

 

La naissance d'un enfant dans la vie d'une femme, c'est... grisant. La naissance d'un enfant dans la vie d'un couple, c'est... fatal. Voilà la point de vue du cinéaste, très laconique, et surtout très stéréotypé. Louise Bourgoin accouche, après avoir rêvé de gang-bang pendant neuf mois, et la voilà qui se met à douter de sa maternité. Est-elle faite pour être mère? Ce n'est pas la sienne, de mère, qui va la convaincre, qui l'a élevée de manière irresponsable, juge-t-elle. Pio Marmai, de son côté, accompagne comme il peut sa chérie, et puis jette l'éponge, trop pris par un travail harassant (il faut dire qu'il a travaillé dans un vidéo-club, et qu'il a consenti à prendre un job "sérieux" pour faire de l'oseille). Beaucoup de vérités dans cet heureux événement, trop de lieux communs surtout, inutile d'en faire un film. Un malheureux événement pour nous spectateurs, qui attendions la suite du parcours du chanceux cinéaste de ce fameux Premier jour du reste de ta vie. Alors, certes, il confirme qu'il a du talent pour trouver des jeunes acteurs talentueux et charismatiques (les deux jeunes parents succèdent à Déborah François et Marc-André Grondin), mais il affirme aussi son goût du mainstream, alors qu'on voulait autre chose. Quelque chose de plus pêchu, déjà (son ironie mordante semble envolée, exceptée dans quelques scènes, pour la plupart dans la bande-annonce), et quelque chose de plus intéressant, et peut-être de plus incisif.

 

Si le film envoie valser la figure idéalisée de "l'heureux événement", c'est en surfant sur les clichés de ses tracas et fausses notes, dont le réalisateur se saisit comme d'un ressort tragicomique - du reste peu convaincant.

Libération


Dans les médias, on nous promettait que le film bousculerait les clichés, rentrerait dans le paquet sans pincettes. On nous aurait donc menti? Parce que non seulement le film ressasse sans aucun détachement les clichés, le second degré étant limité à une secte des mamans allaiteuses (qui font furieusement penser, en cinquante fois moins bien, à l'hilarant rôle que tenait Maggie Gyllenhall dans Away we go), mais en plus, il nous délivre une morale qui ne dénote pas, sans avoir le courage d'aller au bout du postulat, à savoir "avoir un bébé c'est pas facile". Si Bezançon voulait nous surprendre, il aurait fallu aller sur un autre terrain que le sempiternel accouchement difficile, ou encore les pleurs incessants de bébé (la même semaine est sorti We need to talk about Kevin, toute comparaison serait affligeante, mais celui-ci est tout de même bien plus percutant sur les pleurs de bébé).

 

Point de cinéma ici, pas de langage, seulement de l'illustration de scénario psycho-sociétal à deux balles, à coups de champs-contrechamps ratés et sans âme.

Les Inrocks


Dommage, parce que le film est parsemé de bonnes idées. Dès le départ, cette rencontre par DVD interposés est sympathique, bon enfant. Certaines situations assez cocasses nous font bien rire, et sont assez édifiantes (mais suffisantes, pas besoin d'en rajouter trois tonnes à chaque fois). Et certains seconds rôles sont délicieux (mais trop peu utilisés), on pensera en premier lieu à Josiane Balasko, dans un rôle presque touchant au final, et à la rafraîchissante Daphné Bürki, sans oublier la très à l'aise Anaïs, ou la toujours parfaite Firmine Richard (étonnament très crédible en sage-femme). Au final, on espérait bien plus. Mais entre deux bonnes idées, Bezançon nous glisse des seconds rôles poussifs (la mère et son tire-lait, un Thierry Frémont risible, ou encore un docteur peu utile...), et manque cruellement de finesse. On ne regarde tout de même pas le film sans plaisir, grâce à la juvénilité de deux jeunes parents amoureux, naïfs et inconscients, mais le tout reste comme la majorité des faire-part: une bonne nouvelle, vite trahie par une objective mocheté de présentation, et par des faiblesses d'écriture évidentes.

 

un-heureux-evenement-2.jpg

 

49% de réussite.

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