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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 00:14

FLAMENCO FLAMENCO

Carlos Saura

 

3 étoiles

 

EN BREF:

Une succession inégale mais globalement sublime de numéros de flamenco. Une palette très large des différentes et actuelles manières de faire, de danser, de chanter, de vivre le flamenco. C'est superbement filmé, et pour un amateur, l'idéal!

 

flamenco.jpg

 

Tony Gatlif, en 1992, réalisait Latcho Drom, magnifique périple des gitans, de leurs origines, en Europe de l'Est, à leur point d'arrivée, l'Espagne. Le film, désormais rare, se terminait par une incroyable et bouleversante séquence de flamenco, avec au départ des mains, filmées seules avec le ciel en fond. On se rendait compte de la cinégénie du flamenco, aussi le projet de Carlos Saura (qui avait déjà réalisé des films sur le tango et le fado), était particulièrement alléchant. Il faut vraiment aimer le flamenco, parce qu'il n'y a ici que ça. Aucun autre dialogue, mais une envie de montrer, viscéralement, sans détours et harmonieusement, la danse. Du coup, dans cette succession de différents morceaux, issus de différents groupes, on découvre les tendances variées de cet art qu'on imaginait pas si vaste. Des danses, des chants, des pas. On vibre continuellement au son des talons, des clapements de mains, des arpèges, on est subjugué par la beauté des danseuses, aux traits souvent rudes, on est ému par des timbres de voix rauques, des intonations habitées et douloureuses, et on est emporté par une force de danse absolument implacable.

 

C'est coloré, sensuel et chaleureux. Dommage que Carlos Saura n'ait pas eu la bonne idée, comme dans Tango, d'imaginer une trame narrative plus ambitieuse.

Le Journal du Dimanche


La mise en scène de Saura est impeccable, même si on s'attendait à un véritable scénario. Au départ, on rentre dans une grande halle, un musée ou sont exposés des tableaux. Puis démarre cette musique, au détour d'un tableau. L'image est superbe, les danseurs sont en mouvement devant des toiles qui évoluent, des jeux de lumières qui passent aisément de l'ombre à la lumière, et des couleurs qui jaillissent toujours dans une élégance propre au flamenco (ah, mon Dieu, ces robes...). Carlos Saura crée un spectacle ou s'enchaînent les groupes. Du coup, ce n'est pas vraiment du cinéma, mais plutôt des performances filmées (diablement bien ceci dit). Ce qui n'empêche pas le film d'être une magnifique déclaration d'amour à un art ou grâce et rudesse se cotoient sans cesse. Saura filme le flamenco comme on devrait le voir plus souvent: une danse des éléments, qui appelle nos sens et les met en éveil, un chant des profondeurs, qui célèbre la vie et l'amour. Le flamenco est ancré dans le réel, en fait ressortir des traits souvent bouleversants (on retiendra longtemps ce flamenco à deux sous la pluie), et même parfois cocasses (dans un numéro burlesque inattendu). Dans son film composite, Saura mixe avec ardeur les couleurs et les sons (un homme tout en blanc danse seul, cinq minutes, sans musique; une femme vêtue d'une robe rouge est entourée, de manière classique, avec talons, guitare, mains et tutti quanti), et réussit à montrer une diversité. Comme il parvient, à la fin, à faire du flamenco une expérience spontanée et collective. Des musiciens jouent, des femmes et des hommes âgés sont assis autour, l'un chante, une autre se lève pour danser, au milieu. Et les rôles s'inversent, les personnes changent de rôle, et la danse devient essence de joie. Il faut une force, un caractère, pour faire un flamenco de qualité. Ce don de soi, cette inébranlable énergie, Carlos Saura la met en exergue mieux que quiconque, en mettant à la portée de tous ce spectacle vivant, même si on aurait attendu un peu plus de cinéma, donc d'enjeux, et d'histoire...

 

flamenco-flamenco.jpg

 

65% de réussite.

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