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15 janvier 2012 7 15 /01 /janvier /2012 15:38

J. EDGAR

Clint Eastwood

 

1 étoile bis

 

EN BREF:

Le fondateur du FBI par Clint Eastwood, ou un biopic peu intéressant pour qui ne connait pas l'histoire de cet homme. La réalisation est académique, le style particulièrement empesé, l'interprétation variable...

 

J.-Edgar.jpg

 

Comment Clint Eastwood arrive à passer, en quelques années, de sommets (Gran Torino, L'échange, Million Dollar Baby), à des films moyens (Invictus, Au-delà), puis à une oeuvre aussi insipide que J. Edgar? On attendait beaucoup du biopic du fondateur du FBI, J. Edgar Hoover, parce que la presse nous en disait beaucoup de bien (il n'y a qu'à voir ces articles élogieux dans Les Inrocks ou dans Libé, chose étonnante), parce que DiCaprio est un des meilleurs acteurs de sa génération, parce qu'on nous promettait un Eastwood qui sort de l'ordinaire, allant même jusqu'à provoquer aux Etats-Unis une polémique sur l'homosexualité présumée du personnage. Pour qui ne connait pas, avant le film, l'histoire de J. Edgar Hoover, le fait que l'homme soit homosexuel n'est pas une grande révélation, quand bien même c'est cette présumée histoire d'amour qui offre les meilleurs passages du film. Eastwood se propose de revisiter l'histoire du XXème siècle, aux Etats-Unis, au travers du prisme de la création et de l'évolution du FBI, ainsi que de son dirigeant et fondateur. La création du FBI (1924), la crise de 29, la chasse aux bolchéviques, la "guerre contre le crime" des années 30, l'affaire du Ku Klux Klan, les affaires de contre-espionnage, tout y passe, tout est survolé. On est dans une "fresque historique", qui nécessite une certaine culture générale, sous peine de s'y perdre assez rapidement (ce qui fut mon cas, à certains moments). Eastwood ne s'embarasse pas d'explications sur les ressorts historiques de certains passages, si bien que certains faits évoqués restent un mystère total pour le spectateur.

 

On s'ennuie ferme devant ce thé­âtre de chambre vieillot et funèbre.

Télérama (contre)


On peut accrocher au film, et le trouver passionnant. On peut aussi le trouver extrêmement sombre, d'une froideur étrange quand on sait ce qu'Eastwood a pu filmer, et très bavard, ne laissant à la sensation aucun droit de cité. On suit, deux longues heures et quart durant, des discussions interminables qui se résolvent souvent par des arrestations, on est dans un milieu qu'on sent très fermé, rejetté d'abord par l'opinion publique, puis respecté à la suite d'évolutions, et surtout on est dans un milieu très riche, qui se regarde avec beaucoup d'autosatisfaction, un cadre très feutré légèrement dérangeant quand on met celui-ci en parallèle avec l'action de terrain. L'homme que l'on suit, on va rapidement le connaitre. Le scénario est simple, mais devient très vite fouilli, à force de flash-backs incessants et vite agaçants. J. Edgar Hoover est en fin de vie, on le sent, et décide de raconter ses mémoires à un jeune loup. Hoover est un homme froid, distant, difficilement atteignable, et pourtant affaibli et seul. Avec trop d'orgueil pour avoir ne serait-ce qu'un simple recul sur sa vie. Il embellit les faits qu'il raconte, et occulte sciemment une partie de sa vie (celle privée, qu'il ne souhaite dévoiler à personne). Lui qui a tenu des propos homophobes, lui qui s'est toujours montré intransigeant face aux "déviances", il aurait eu une liaison avec son bras droit de toujours, Clyde Tolson. C'est, de loin, la meilleure partie du film. Parce qu'elle est toute en suggestion, parce qu'elle est discrète. On sent sans peine la gêne occasionnée par ces sentiments partagés, et le cinéaste, sans nous frustrer, sait n'en montrer que peu.

 

Desservi par un scénario confus signé Dustin Lance Black ("Harvey Milk"), qui multiplie inutilement les allers-retours temporels, le film se tient trop à distance du personnage pour rendre pleinement sa dimension tragique, et ce malgré un DiCaprio habité par le rôle.

TéléCinéObs


On ressort du film très déçu. On nous parle des exploits maquillages sur le film, on s'en fiche un peu, la seule chose que l'on voit, c'est la défiguration de Armie Hammer, qui joue Clyde Tolson. Leonardo DiCaprio, dont la prestation semble clignoter en indiquant "où est mon Oscar, où est mon Oscar?", est certes très bon, mais son interprétation n'est pas exceptionnelle, on ne la retiendra pas à vie. Naomi Watts ne sait pas trop ce qu'elle fiche là, elle au personnage si peu consistant, seule marque affective dans le paysage social de Hoover (et elle aussi, en vieille, elle inquiète plus qu'elle ne parait crédible). Les dialogues abondent en tous sens, on lâche souvent l'affaire, et on pique du nez. Le film est empesé, très long, trop sombre, académique (et c'est un euphémisme). Le moins bon Eastwood qu'il m'ait été donné de voir (malgré Au-delà, qui, bien que moyen, ne méritait pas selon moi ce déchainement critique). Il ne reste donc pas grand chose de J. Edgar, si ce n'est un maigre intérêt sur l'image d'un personnage public, souvent contradictoire. On attendait pourtant le scénariste de Harvey Milk au tournant (Dustin Lance Blake), mais Eastwood n'aura pas eu le talent de Van Sant pour montrer l'homosexualité d'un personnage public. On oubliera J. Edgar bien rapidement.

 

J.-Edgar-2.jpg

 

45%.

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commentaires

Thibault 16/01/2012 00:04

Déçu, c'est pas faute de t'avoir prévenu. Léonardo attend l'oscar qu'il aurait du avoir pour des films plus anciens. En tout cas, pas cette année. C'est raté. Mise en scène académique. Eastwood
aurait du raconter un évènement de la vie d'Hoover et pas sa vie complète. En plus, c'est long. Dans la salle, ca ne riait pas, non pire, ca ronflait.

Gagor 16/01/2012 01:11



Ben je ne sais si la salle s'ennuyait tellement, de mon côté. Parce que du coup j'ai pris le temps de regarder autour, et les yeux, bien ouverts, étaient tournés avec attention vers l'écran. Pas
les miens, malheureusement! Par contre, oui, y'a pas de quoi rire!



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