Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 15:06

26 FILMS

Panier garni

 

3 étoiles

 

l'amour et rien d'autre

 

On commence par un très beau film, humble, simple et discret. Jan Shomburg se propose de filmer l'amour, uniquement l'amour. Un couple allemand est en partance pour Marseille, pour y travailler. L'homme part avant la femme, et se suicide sur un parking marseillais. Le reste du film conte l'amour qui subsiste, le désir qui renaît, l'incompréhension qui stagne. L'actrice Sandra Hüller est fabuleuse, L'AMOUR ET RIEN D'AUTRE est un film sensible, une fêlure qui se révèle en douceur.

 

 2 étoiles

 

les-adieux-a-la-reine.jpg

 

Dans la catégorie petite déception, le dernier Benoît Jacquot, que beaucoup ont trouvé (surement à raison) sublime, sensuel, lumineux, incroyable... Pour ma part, même si je reconnais le talent plastique certain des ADIEUX A LA REINE, la beauté de jeu de certaines interprètes (Diane Krüger, Léa Seydoux), et des qualités indéniables (Noémie Lvovsky est l'une d'elles), je ne me suis pas du tout identifié, et n'ai pas accroché au point de vue (la prise de la Bastille à travers les yeux de ceux qui ne sont pas à Paris, mais au château). Je ne me suis pas laissé emmener et n'ai donc ressenti aucune émotion. Ces adieux ne m'auront pas marqué... Petite déception aussi pour I WISH, que j'attendais quasiment comme le film d'enfance de l'année, et qui n'en est rien. C'est très long, et l'histoire (deux enfants séparés après le divorce de leurs parents), bat très vite de l'aile, n'ayant pas tant de choses à raconter. La première heure est particulièrement vide. Puis, dès que les deux frères se retrouvent pour assister à un miracle (deux TGV qui se croisent pour la première fois), le film se voit un peu plus comme une fugue, une fuite en avant. Se met en place une petite poésie, assez douce et subtile, le film devient véritablement enfantin, laisse place, enfin, à la rêverie, telle qu'on l'attendait. Le film n'est ainsi pas totalement vain, mais pas non plus à conseiller. Rayon déception, on est servis pas Lorraine Lévy, qui avait choisi un sujet qui aurait pu être fort (échange de deux enfants à la maternité, l'un israélien, l'autre palestinien), mais qui tombe assez vite dans la lourdeur de dialogues très scolaires. LE FILS DE L'AUTRE est loin d'être désagréable à regarder (ses jeunes interprètes, Jules Sitruk et Medhi Dehbi, y sont pour beaucoup), mais reste au ras de son sujet, sans éclat, sans fulgurance, sans nouveauté. Dans le même style, avec beaucoup plus de tact et de sensibilité, Une bouteille à la mer réussissait bien mieux son pari.

 

howl.jpg

 

Dans la catégorie bonnes petites surprises, on a d'abord HOWL, de Rob Epstein et Jeffrey Friedman, composition poétique réussie autour de la vie et du poème Howl, considéré comme obscène, d'Allen Ginsberg. Amour, philosophie et justice se côtoient dans cette oeuvre dans un enchevêtrement d'images pas toujours très cohérentes, mais desquelles se dégage une justesse, une beauté. Howl est un joli film sur le mouvement, sur l'homosexualité, mais aurait besoin d'un regard plus aiguisé, d'un peu plus de rigueur. Bonne petite surprise aussi que ce BYE BYE BLONDIE, qu'on attendait bien plus sulfureux, barré (et accessoirement mauvais) que cette bluette au contours punk. En deux parties, Virginie Despentes déroule d'abord son audace (dans cette partie jeunesse plutôt ambitieuse et réussie, ou Soko et Clara Ponsot irradient l'écran), puis se calme un peu (une partie adulte beaucoup plus posée, un peu morne par moments, ou Emmanuelle Béart et Béatrice Dalle ont du mal à se trouver). Un film très inégal, mais au moins, l'issue est belle, le texte que Pascal Greggory récite est beau, l'amour et Paris finissent par l'être aussi. De son côté, le bulgare Konstantin Bojanov nous entraîne dans une histoire étonnante, dans un film à l'ambiance surprenante. AVE parle de mensonge, de deuil, de rencontre. Et si le début est long et la mise en place un peu lourde, la partie ou les deux personnages apprennent à se connaître et à se respecter devient peu à peu très touchante, jusqu'à cette fin en suspens, qui laisse pensif et fait du film un moment qu'on aurait regretté de manquer. Enfin, dans un film assez dur, quasiment tendu, Estelle Larrivaz met en scène un quotidien qui fait mal au coeur dans LE PARADIS DES BÊTES, là ou les enfants sont obligés de s'inventer un imaginaire pour contrer la violence que s'infligent leurs parents. Le père emmène, sans prévenir la mère, ses deux filles à l'étranger. Un premier film très personnel, dense et à fleur de peau, qui manque certainement de cohérence, de poésie, de rigueur, mais est un beau gage d'espoir.

 

extremement-fort.jpg

 

Et puis les autres, ces films qu'on ne retiendra pas longtemps mais qui auront été un bon moment parmi d'autres. Le nouveau Stephen Daldry, EXTREMEMENT FORT ET INCROYABLEMENT PRES, qui arrache quelques larmichettes, dans une histoire qui aurait pu être resserrée et plus centrée sur les rencontres que fait l'enfant. C'est larmoyant, un peu vain, mais quasiment beau. Max Von Sydow y est parfait, comme l'enfant. Le fameux CLOCLO, qui n'a cependant pas eu le public qu'il souhaitait, est un film très long, et très chiant pour qui n'aime pas Claude François (ses chansons me hérissent le poil), mais on ne peut que reconnaître un film relativement honnête sur une légende parfaitement interprétée par Jérémie Rénier. Le tandem Matthieu Delaporte-Xavier de la Patellière, après avoir écrit moult merdes, réalise LE PRENOM, qui a l'avantage d'être un agréable moment (merci Valérie Benguigui) et d'être oublié directement après la projection. Ainsi, il ne nous est point possible d'en dire vraiment du mal... Allez, une petite crasse: Patrick Bruel n'est pas un bon acteur, et il le confirme. Quant à Daniel Auteuil, il essaye de se retrouver une contenance, et y parvient plutôt bien, il est convaincant dans le bancal LA MER A BOIRE, un bon moment qui s'oublie néanmoins très vite. Jacques Maillot met du coeur à l'ouvrage pour servir au mieux un combat, mais ne fouille pas ses personnages, et reste trop scolaire et technique dans son intrigue, qui se clôt en queue de poisson. Dommage. Lucien Jean-Baptiste, après l'attachant La première étoile, livre un conte chaleureux et familial avec 30° COULEUR. On est bien loin de la relative justesse de La première étoile, mais on fait face à une comédie pas plus mauvaise que la moyenne, juste vite oubliée, maladroite et mal écrite. Reste une dernière partie bizarrement réussie. Glenn Close, elle, était nommée aux Oscars pour son rôle dans ALBERT NOBBS, ou elle joue effectivement très bien une femme qui se fait constamment passer pour un homme. Elle est parfaite, tout comme celle qui l'accompagne, d'un naturel époustouflant, Janet McTeer. Sauf que toutes les bonnes intentions, et l'impeccable jeu de ces deux actrices sont totalement plombés par un académisme étouffant, et des longueurs interminables. Quant à l'histoire d'amour entre les deux jeunes (Mia Wasikowska et Aaron Johnson), elle est simplement imbuvable. On termine avec AVENGERS, le truc avec les super héros dedans, navet qui s'assume. C'est très long, particulièrement inutile, même si, moi qui ne connaissait aucun des super héros sinon de nom, j'ai été très surpris d'Iron Man (grinçant Robert Downey Jr.), et de Hulk (excellent Mark Ruffalo). Sur le reste, ennui total.

 

1 étoile bis

 

cheval-de-guerre.jpg

 

Au rayon grosses déceptions, le nouveau Spielberg, terriblement long et ennuyeux, très manichéen. La musique apporte au film cette impression navrante que chaque plan est le dernier, chaque cadrage le plus sublime, le plus intense. On attendait beaucoup, on se retrouve avec un pseudo-conte philosophique estampillé grand public familial. CHEVAL DE GUERRE est une longue et grande déception, une fresque poussive et insupportable. De même, Meryl Streep, si elle excelle à faire passer Margaret Thatcher pour Tatie Danielle, elle ne parvient pas à sortir LA DAME DE FER d'une retraite apaisée à l'odeur de naphtaline. Le film est consensuel, vite vu, n'apporte aucune réflexion, aucune nouveauté, et se contente de filmer, très longuement, les vieux jours que coulent une grande dame historique, qui aura apporté énormément de mal autour d'elle. En la faisant passer pour un ange qui s'excuserait presque des « petites erreurs » qu'elle a commises, Phillida Lloyd réussit à rendre Thatcher plus détestable qu'elle ne l'était déjà!

 

elena.jpg

 

Au rayon purges d'auteurs, deux films russes, terriblement longs, terriblement bavards. Deux clichés du cinéma d'auteur entre quatre murs, qui n'intéresse guère plus que les critiques de cinéma et les cinéphiles pointus et qui aiment se faire suer pour une scène de 20 secondes du film. ELENA et PORTRAIT AU CREPUSCULE, malgré des intentions comme toujours bien tournées (dépeindre la société russe dans tout ce qu'elle a de sombre, de restrictif et de violent), et malgré des comédiens au jeu puissant, n'arrivent pas à convaincre et n'engagent pas à continuer de voir des films de ce genre...

 

martha-marcy.jpg

 

Au rayon mauvais films, tout simplement, ça se bouscule au portillon: une comédie fast-food aussitôt vue, aussitôt digérée, RADIOSTARS, ou l'outrance le dispute à la bêtise; un truc pompeux et prétentieux, qui raconte peu et tourne à vide, mais partait d'une bonne intention, MARTHA MARCY MAY MARLENE; un film d'animation, LES PIRATES: BONS A RIEN, MAUVAIS EN TOUT, bien loin des précédents du genre (Wallace et Gromit, Chicken Run), qui ne nous fait même pas passer un bon moment, et s'attache à une vaine, longue et futile histoire de pirates, j't'en foutrais des pirates de l'année moi; un pseudo thriller français, POSSESSIONS, au quatuor d'acteurs particulièrement mauvais (Julie Depardieu-Jérémie Rénier-Lucien Jean-Baptiste-Alexandra Lamy), très long et qui nous laisse sur le quai, alors qu'on attendait pas mal du réalisateur du Fils de l'épicier. Quant aux trois films qui suivent, ils font partie de cette catégorie de films « pliés d'avance », tu sais qu'ils seront pourris, au mieux tu vas les voir parce que tu en attends vaguement une surprisounette, au pire, et en général c'est pour ça, tu y vas pour cracher dessus: COMME UN CHEF, MINCE ALORS, PROJET X.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

  • : Le blog de levolution.over-blog.com
  • Le blog de levolution.over-blog.com
  • : Critiques des films récents, bilans mensuels... Coup de coeur, coup de blues, l'évolution du cinéma, et la mienne, aussi.
  • Contact

J'écoute...

Recherche

LES 10 DERNIERS COUPS DE COEUR

Les amants passagers

Les amants passagers

Queen of Montreuil

Queen of Montreuil

The sessions 2

The Sessions

Syngué sabour

Syngué Sabour

Les chevaux de Dieu

Les chevaux de Dieu

Wadjda

Wadjda

Archives

Catégories