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17 novembre 2011 4 17 /11 /novembre /2011 21:32

LA COULEUR DES SENTIMENTS

Tate Taylor

 

3 étoiles

 

EN BREF:

Une histoire forte, bien que filmée de manière platonique, un film très bien rythmé, joliment interprété, et qui laissera tout de même un très bon souvenir.

 

la-couleur-des-sentiments-2.jpg

 

Mississipi, dans la ville de Jackson, dans les années 60, une bourgade très huppée, ou vivent des familles blanches, qui emploient des femmes noires pour les tâches ménagères, et pour l'éducation des bambins, dont elles ne savent visiblement pas trop s'occuper. Les femmes blanches, réputées fines, malmènent pourtant (pas toujours) leurs help woman, qui les secondent dans beaucoup de décisions à prendre. La couleur des sentiments conte l'histoire d'amitié assez exceptionnelle qui se noue entre une femme blanche et deux femmes noires en particulier, prenant pour prétexte l'écriture d'un livre (The help) de regards croisés de ces femmes noires sur leur tâche, leurs patronnes, les enfants dont elles s'occuppent... Très vite, Tate Taylor impose à son film un rythme. Au regard de l'ambition qui était la sienne, c'est surement le plus important (le film durant 2h30). Il y a de vrais enjeux, et s'instaure une attente, donc un plaisir. Son propos est encore aujourd'hui important, on comprend l'objectif du film, et on suit avec beaucoup d'intérêt l'écriture du bouquin par ces trois femmes, suivie des réactions souvent jubilatoires à l'ouvrage sorti dans les librairies de la ville.

 

Compresser quelque 500 pages en un film, fût-il de deux heures vingt, était un défi que le réalisateur et scénariste Tate Taylor relève honorablement. (...) En revanche, les personnages (...) perdent leur complexité et leurs aspérités.

La Croix


On peut aussi résumer le film à sa ligne claire et franche: le réalisateur va, de manière rectiligne et sans aspérité, directement à son but. C'est assez critiquable, car pour filmer une telle histoire, on aurait aimé une certaine noirceur, qui aurait rendu le climat social légèrement plus étouffant, ici filmé quasiment avec détachement. On est plutôt, en termes technique, du côté riche et bourgeois, et c'est parfois inapproprié. Heureusement que les actrices (on ne parlera pas des acteurs, tous assez caricaturaux et mauvais), sont là pour donner du piment au film, de l'étonnante Emma Stone dans le rôle principal, qui n'avait encore jamais pu montrer ses talents d'actrice, en fait, et qui a ici un certain charme, surtout cheveux frisés détachés, et qui impose à son personnage un bon petit caractère, à la souvent désopilante Alison Janney, qui donne ici à son personnage de maman cancéreuse une belle dose de mélancolie, notamment dans une jolie dernière scène, en passant côté blanc par la femme désoeuvrée du village, jouée avec beaucoup de plaisir par la révélation de l'année, surement, Jessica Chastain. Côté femmes black, on a du caractère à se mettre sous la dent, et pas mal d'émotion face à Viola Davis (qui joue Aibileen), puis beaucoup de rire devant le visage souvent consterné mais toujours décidé de la pétulante Octavia Spencer (qui joue Minny Jackson). Grâce à l'alliance de charme(s) de ces femmes, on suit le film avec grand plaisir, elle parviennent tout de même à nous emmener où elles veulent.

 

Il y a là le matériau d'un mélodrame et Tate Taylor, qui réalise ici son premier long métrage, ne se prive pas. Il n'y a pas vraiment de place ici pour la nuance (...).

Le Monde


Ce qu'on retient du film, qui est au final une belle tranche de vie, faite d'amplitude et de simplicité, ce sont de nombreuses images, des phrases à la résonance forte, sur les races, puis les accusations sous-jacentes... Ce sont également des scènes qui retiennent l'attention (les plus fortes étant surement celles sur l'éducation des enfants, ou l'on comprend la complexité du problème, l'importance de ces femmes noires plus maternelles, dans une optique plus généreuse de la vie). Le fait que, pour traiter son sujet, le film parte sur un petit problème très quotidien (les WC séparés pour les "gens de couleur") joue surement son rôle dans cet aspect très "vrai". Le quotidien constitue une grande partie de l'histoire, ce qui la rend d'autant plus attachante, surtout quand ces Help women y mettent leur grain de sel et leurs vengeances (on pensera bien évidemment à ce fameux gâteau préparé par Minny). La couleur des sentiments est un film qui vous prend par le coeur, sans prétention, sans éclat de génie non plus (loin de là), qui fait éclore une palette très large d'émotions. C'est donc très classique, mais parfois ce n'est pas plus mal, un truc reposant et émouvant à la fois, du cinéma pépère, qui se regarde avec plaisir et sans désintérêt aucun.

 

la-couleur-des-sentiments.jpg

 

66% de réussite.

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commentaires

rotko 14/01/2012 11:53

bonjour,

oui, on rigole, et on est ému, c'est le but du jeu.Puis on s'interroge :
l’atitude envers les domestiques et envers les noirs a-t-elle changé, notamment dans le traitement du sujet ? Le film, interessant même par les questions posées, n’est-il pas, comme les Blancs du
Sud de l’époque, paternaliste et puritain ? http://tinyurl.com/859xszx

ffred 17/11/2011 22:58


Je m'attendais largement à pire, enfait j'ai bien rigolé...


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