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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 22:58

festival d'hiver

 

LA DESINTEGRATION

Philippe Faucon

 

2 étoiles

 

EN BREF:

Un film discret, simple et un peu maladroit sur un sujet fort et souvent stigmatisé. Philippe Faucon filme la radicalisation d'un jeune homme avec une certaine finesse, mais sans atteindre le coup de poing qu'on attendait.

 

la-desintegration.jpg

 

Lille, aujourd'hui, au coeur d'une cité, plutôt paisible au premier abord. Philippe Faucon installe son histoire dans une famille comme il y en a tant, qui parait totalement intégrée dans le système français. L'ainé va épouser une française qui mange du porc, le deuxième, Ali, semble être doué à l'école, la troisième est une jeune fille comme les autres. La mère, pilier familial, accepte, non sans discussions, les choix de sa progéniture, et les laisse libre d'accorder ou non leur importance à la culture et aux rituels musulmans. L'intégration parfaite au sens de la définition qu'on donne au mot, mettant donc de côté la précarité dans laquelle elle s'inscrit le plus souvent. Intégration vite mise à mal aux yeux d'Ali, qui ne parvient pas à trouver un stage dans une entreprise. Pourtant sa lettre de motivation est comme celle des autres, bien écrite, son CV est peu conséquent mais suffisant pour trouver un stage. Reste son nom, qui reste discriminé malgré les "efforts d'intégration". Au moment ou Ali devient vulnérable face aux choix qui se présentent à lui, un homme, à peine plus vieux, mais au charisme indéniable, l'entraîne peu à peu vers une frange radicale de l'islam. Faucon filme l'endoctrinement, la vulnérabilité, la désintégration progressive d'une société qui se fiche d'une jeunesse laissée pour compte, et débouche sur l'irréversible.

 

C'est à la fois impressionnant et désarmant. (...) la sécheresse du cinéma de Faucon nous laisse un peu perplexe.

L'Humanité


On attendait le film surtout pour son discours, brûlant et important, dans le cadre des présidentielles mais pas seulement. Et effectivement, on aimerait que son propos serve un débat pour l'instant cantonné à des polémiques incessantes sur la viande halal ou l'immigration. Le cinéaste filme un mouvement, qui semble discret mais vif, une évolution des mentalités et du cadre de vie de ces jeunes qui font partie des générations d'après l'immigration, nées en France et devant toujours se justifier de leurs origines. Il décrit ce dont on entend discrètement parler, et parait, au moins dans son propos, totalement crédible. Donc inquiétant. Les choix du cinéaste sont plutôt judicieux, le scénario est subtil, amenant le concept de désintégration avec finesse, le filmage est pudique, en contrepoint intéressant avec la rudesse du propos, et le tout se tient, bien rythmé, efficace sans être trop expéditif. On découvre l'énergie d'un jeune acteur, Rashid Debbouze, frère de, au visage intensément rageur, et aux traits très expressifs.

 

On comprend difficilement que Faucon ait voulu insister à ce point sur la séduction du mal, en allant chercher un personnage d'endoctrineur au charisme trop spectaculaire (...) Ce personnage désigne en creux le didactisme un peu raide et trop timide du film tout entier, dont la concision revendiquée le fait malgré lui prendre la forme d'une collection de problèmes et d'apories.

Cahiers du Cinéma


En revanche, malgré l'indispensable simplicité d'un film au propos si complexe (simplicité qui flirte parfois avec le simplisme), l'oeuvre souffre d'un manque de justesse. Sur le papier, on croirait dur comme fer à cette histoire, en revanche à l'écran, les seconds rôles restent inconsistants, assez mal joués. Le rôle type du "méchant", celui qui vient endoctriner ces jeunes, n'arrête pas de chuchoter ou de se donner un genre en parlant avec une voix grave et censément posée. Seulement ça ne fonctionne pas du tout, et l'acteur Yassine Azzouz donne à son rôle un aspect amateur qui va parfois jusqu'à dénaturer le propos, en rendant certaines situations purement impossibles. On attendait un coup de poing, mais le film, sans pour autant être un coup d'épée dans l'eau, n'est finalement pas si puissant que ça (malgré une fin saisissante), proposant une étude de cas certes intéressante, mais qui manque cruellement de tension.

 

la-desintegration-2.jpg

 

55%.

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