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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 00:27

LA VIE D'UNE AUTRE

Sylvie Testud

 

2 étoiles

 

EN BREF:

Qu'il est difficile de filmer l'outrance. Sylvie Testud s'y essaie avec un succès mitigé, aidée par le lumineux naturel de Juliette Binoche, plombée par une énergie qu'elle n'a pas su contenir.

 

la-vie-d-une-autre.jpg

 

Petite note introductive: Je dois avouer qu'une certaine part de mon objectivité est mise à mal par l'amour inconditionnel que je voue à Juliette Binoche, la plus grande actrice de l'hexagone (et, dans une certaine mesure, hors hexagone). Alors, forcément, lorsque je la vois rire aux éclats dans le premier film de Sylvie Testud, tout naturellement j'en fais autant. Il en va de même lorsqu'elle pleure. Donc lisez cette critique avec des pincettes, et ne vous y fiez pas trop (un petit peu quand même)...

 

Imaginez... Vous vous réveillez en ayant oublié 15 ans de votre vie. Vous ne comprenez strictement rien à ce qui vous arrive. Vous voilà mère, épouse, patronne. Bref, au sens strict du terme, vous avez "réussi". Et, peu à peu, avec 15 ans de moins dans la tête que sur votre tête, vous vous rendez compte que vous êtes devenue pitoyable, ayant délaissé votre réthorique décomplexée pour une vie des plus cartésiennes, menant un très impersonnel quotidien, délaissant les autres pour ne se concentrer que sur vous-même. Le défi de Sylvie Testud, qui adapte pour son premier film le roman de Frédérique Deghelt, était double. Faire croire à cette idée saugrenue, et diriger Juliette Binoche. Défi également pour l'actrice, qui, elle, est censée jouer Marie, une femme de 41 ans, avec des réactions et une attitude d'une jeune femme de 26 ans.

 

"La Vie d'une autre" est un conte moderne, un roman sentimental et philosophique. (...) Au diable les petites imperfections, ce premier film est bourré de charme, tendu, attachant et éclairé par la présence forte et radieuse de Juliette Binoche.

Le JDD


Juliette Binoche est lumineuse, parvenant, pour chacune de ses réactions, à jouer l'outrance irréfléchie de la jeune femme qu'elle a pu être. Hilarante lorsqu'elle joue la séduction osée, parfaite lorsqu'elle croque à pleines dents son sandwich, touchante lorsqu'elle devient lucide, dans cette très belle avant-dernière scène, et qu'elle se livre, avant un nouveau départ. Binoche, et c'est bien la seule dans le film, touche du doigt une authenticité, lorsqu'elle se rend compte que son corps fatigue un peu, ou lorsqu'elle joue à être maman. En plein dans ses illusions, elle vient juste de rencontrer Paul (très fade Mathieu Kassovitz), et fait face à un divorce. Et pleure, comme n'importe quelle jeune femme. Le reste du casting fait bien pâle figure, d'une Aure Atika insipide, à une Danièle Lebrun décevante. Le gamin n'est jamais crédible, sauf lorsqu'il délire avec sa mère, à l'école notamment (une scène dont j'aurais rêvé gamin, et qui justifie totalement le "t'es la maman la plus géniale de la terre"). Testud semble n'avoir d'oeil que pour Juliette Binoche, et pour sa femme de ménage (la très amusante Sylvie Herbert), et le reste passe un peu à la trappe. Restent tout de même quelques jolies scènes, et un propos qui pousse à une certaine réflexion.

 

Juliette Binoche aux prises avec elle-même est subtile et intrigante. Mais impossible de croire aux réactions de son entourage. Du coup, le film reste bancale.

Le Figaroscope


Le thème est passionnant, et aurait pu donner une mordante et croustillante comédie. D'autant que les possibilités étaient larges, avec une romance, une histoire de filiation, une remise en question... Sylvie Testud tente d'embrasser tout à la fois, et livre un film bancal et un peu foutraque. Son scénario survole tout ce qu'il tente de toucher, les rapports de Marie avec ses parents, son nouveau rôle de mère, son divorce... Et, comme son personnage, on a l'impression qu'elle se perd un peu, sans savoir ou donner de la tête. Du coup, on a une réalisation fragile, mais qui ne manque pas de témérité. C'est sans doute là sa plus grande qualité, qu'elle devra approfondir dans, on l'espère, un prochain film, l'impulsion. On sent une véritable envie, et une réalisatrice qui fonce tête baissée, quitte à se prendre un mur. Qu'elle parvient in extremis à contourner avec les quelques idées qui suffisent à rendre son film sympathique, à défaut d'être surprenant et jubilatoire.

 

la-vie-d-une-autre-2.jpg

 

60%.

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commentaires

thibault 18/02/2012 09:10

Et puis reprendre Cat Power, quel manque d'originalité depuis Le coeur des homme 2. Elle y est partout : Le coeur des hommes 2, 17 ans après avec Zac Effron sur la même thématique et Un baiser
papillon avec Vincent Perez...

thibault 18/02/2012 07:49

Quelle objectivité... En plus, tu écris des mots savants : témérité plus entendu depuis la fable Le loup et l'agneau. Sinon assez d'accord avec toi...

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