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11 mars 2012 7 11 /03 /mars /2012 14:36

festival d'hiver

 

LES INFIDELES

Bercot, Cavayé, Courtès, Dujardin, Hazanavicius, Lartigau, Lellouche

 

2 étoiles

 

EN BREF:

Un film à sketches très inégal. Relativement amusant en général, mais souffrant d'un gros manque de rythme. A voir cependant pour quelques petites fulgurances: Sandrine Kiberlain, Guillaume Canet, et une question, réalisée par Emmanuelle Bercot.

 

infideles.jpg

 

Après la petite polémique sur l'affiche (qui aura au moins permis au film de se payer une bonne opération de com), ces Infidèles intriguaient. D'avance, on savait qu'il pouvait y avoir de très bonnes choses, en voyant tous ces noms associés au projet (Bercot, la coscénariste de Polisse, Lartigau, réalisateur de Prête-moi ta main, Cavayé, qui a commis deux excellents polars, Pour elle et A bout portant, Hazanavicius, qu'il serait indécent de présenter, et bien sur le tandem, réjouissant à première vue, Dujardin-Lellouche). Un seul nom qu'on ne connait pas: Alexandre Courtès, qui pourtant est l'auteur du seul sketch véritablement drôle (Les Infidèles Anonymes), et des (hilarantes) pastilles ponctuant certains sketches. L'histoire est foutraque, balancée entre l'humour, une petite réflexion sur l'amour et l'infidélité, et les petits drames de la vie amoureuse masculine. En gros, deux personnages masculins pour chaque sketch, et des situations qui s'enchaînent pour relater de vagues adultères, des flagrants délits, des dragues qui tombent à l'eau, des amours passagères... Le tout exploité dans un montage pas forcément très cohérent, dans un film qui a du mal à se tenir, et qui semble vouloir partir dans beaucoup de directions, sans en retenir spécifiquement une.

 

[Les] démêlés sexuels ou amoureux ne dégagent pas tous la même saveur ou la même originalité. C'est la règle du film de sketches, elle veut que les uns et les autres soient inégaux en réussite. (...) Et dans ce panel de sensations tout en contrastes, le meilleur vient du duo Jean Dujardin-Alexandra Lamy.

Ouest France


La déception est à la hauteur de l'attente, pas extrême, parce qu'on ne s'attendait à rien de bien profond. Seulement on s'attendait à plus de rythme, plus d'efficacité, plus de franche rigolade. Les premières minutes du film sont assez plaisantes, les préliminaires sont assez cocasses (prologue réalisé par Fred Cavayé), Dujardin et Lellouche se moquent allégrement d'eux-mêmes, ce qui est en soi bon signe. En revanche, dès qu'on passe au premier sketch, La Bonne Conscience, réalisé par Hazanavicius, on commence à s'ennuyer. Parce que le personnage ne va nulle part, qu'il hésite et s'interroge sans que se dessine pour le spectateur le moindre enjeu. Isabelle Nanty est décevante, n'arrachant même pas un petit rictus. Les jeux de mots sont bancals, les chambres d'hôtel peu intéressantes, et la solitude du personnage désolante, loin d'être touchante, beauf qui ne s'assume pas. Le deuxième sketch, Lolita, réalisé par Eric Lartigau, est sans doute le plus navrant du film: écriture plate, Jean Dujardin ridicule, tonalité opposée au reste du film. Gilles Lellouche, qui s'entiche d'une jeune étudiante, n'est pas crédible une seconde, et les personnages sont antipathiques au possible, dans un sketch qui s'étire et s'étiole complètement. A chaque sketch, Dujardin et Lellouche changent de personnage, et campent chacun cinq rôles différents. Seulement on ne discerne jamais le personnage de l'acteur, aussi ne voit-on que deux personnages durant tout le film: Jean Dujardin et Gilles Lellouche.

 

Le film laisse une impression étrange. Hormis les quelques gags potaches, l'ensemble tire du côté de l'autoportrait satirique du duo bankable en hommes mariés quadras totalement immatures, obsédés sexuels et dragueurs lourds ne parvenant pas à se défaire d'une sentimentalité détraquée.

Libération


A ce moment du film, on commence à désespérer légèrement. Les yeux picotent, l'attention faiblit, les zygomatiques sont à plat. Et jaillit à l'écran, de manière inattendue, une tête affublée d'un masque de cochon dans un plan SM avec femme suspendue et fouettée, au fond d'un garage. La porte s'ouvre, le fils de l'homme-cochon s'exclame: "dis, papa, quand la dame aura fini, je pourrais faire de la balançoire?". Yes! En une pastille humoristique, l'attention est revenue au maximum. Et on apprend, au générique, que celui qui a commis cet horrible mais jouissif interlude est le seul inconnu au bataillon, Alexandre Courtès, dont on aimerait entendre parler à l'avenir. Il est le seul qui parvienne à faire rire, et franchement: avec ses deux autres pastilles, dont une ou Canet se fait surprendre dans son appartement par le départ de son amante d'une nuit et l'arrivée simultanée de sa femme, et l'autre avec Lellouche coincée dans une prostituée. Trois pastilles qui fonctionnent, et ponctuent le film d'un peu de vraie beauferie, parce qu'on y allait quand même pour cela! A noter qu'il est celui qui a réalisé le seul sketch vraiment hilarant, ou il réunit les personnages de ses pastilles humoristiques dans une réunion d'Infidèles Anonymes. Sandrine Kiberlain et Guillaume Canet y sont particulièrement délicieux, suffisants à conseiller le film.

 

Si l'ensemble manque de cohérence, la faute à une écriture lourdaude qui ne permet pas d'éviter les lieux communs et les retournements les plus prévisibles, quelques échappées (qu'elles soient potaches ou plus dramatiques) permettent au film de faire amende honorable.

Critikat.com


Etonnemment, ce que l'on retiendra du film, c'est un regard. Celui, profondément amoureux, échangé entre Jean Dujardin et Alexandra Lamy, dans un superbe court-métrage, le seul vraiment profond et, contre toute attente, quasiment poignant. Celui réalisé par Emmanuelle Bercot, seule femme à réaliser dans ce film collectif, La Question. Pour la première fois de sa carrière, Alexandra Lamy touche profondément. Bercot sait filmer un amour dense, une scène de ménage complète et complexe, qui se ponctue, justement, dans ce sublime regard, sur lequel on aurait aimé rester plus longtemps. Malheureusement, Dujardin-Lellouche tirent un trait sur cette fulgurance, en réalisant une des fins les plus moches possibles, gâchant de ce fait une bonne partie du relatif plaisir trouvé à regarder le film. Partant à Las Vegas, le tandem, qui réalise l'épilogue, s'embourbe dans un grand n'importe quoi, et désole quelque peu. La fin, même si l'idée est au final assez amusante, restera très longtemps comme une des plus loupées, Dujardin et Lellouche n'ayant pas su canaliser leur délire, démesuré et absurde. Générique, ouf, le dernier plan est sur Sandrine Kiberlain avec sa chorale. Allez, petit sourire, et on passe son chemin, déçu et content à la fois.

 

infideles-2.jpg

 

53%.

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commentaires

Thibault 12/03/2012 00:03

Un gros coup de coeur pour deux sketchs signé Alexandre Courtes et Emmanuelle Bercot. Sinon, j'aime bcq le segment Hazanavicius qui est pathétique. A noter que ils vont peut etre faire un Infideles
2. Puisque le public est au rendez vous.

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