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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 18:00

LES MARCHES DU POUVOIR

George Clooney

 

2 étoiles

 

EN BREF:

Si le film a bien toute sa tête (c'est intéressant, assez édifiant, même si très rebattu), il lui manque certainement un peu de corps (une tension qui bat parfois de l'aile, un jeu politique un poil facile). Dans tous les cas, un bon divertissement.

 

les-marches-du-pouvoir-2.jpg

 

La même semaine sur les écrans, un match dans les hauteurs de l'Etat, français chez Pierre Schoeller (L'exercice de l'Etat), américain chez Clooney. Bizarrement, un seul point commun: les deux réalisateurs ont choisi la fiction, et une fiction tournée vers le suspense, avec révélations en rafale à la clé et tergiversations sanglantes autour d'un homme (un ministre des transports en France, un gouverneur qui brigue la candidature à la maison blanche aux Etats-Unis). La comparaison s'arrête là, car Clooney réalise un pur film de divertissement, ou la réflexion est servie sur un plateau, sans qu'on ait besoin d'aller dans les recoins pour la trouver. Le décor est intéressant d'avance: on est en pleine primaire démocrate, et on suit au plus proche, dans le cercle intime du favori, Gouverneur Morris, la campagne dans l'Etat d'Ohio. Coups de communication, politique sondagière, tentative d'étouffement dans l'oeuf des scandales, évictions politisées, discours raccoleur... Tout y passe, sans grande nouveauté, mais avec efficacité. La teneur du film n'apporte pas grand chose de plus, mais l'enveloppe est soignée: un très beau casting, une affiche tape-à-l'oeil, une réalisation soignée, une mise en scène sans piège, ainsi qu'attendue. Clooney conserve ainsi, avec cette nouvelle réalisation, une classe difficile à atteindre.

 

"Les Marches du pouvoir" baignent dans une esthétique faite d'élégance et d'efficacité. Mais il n'y a rien là qui jette un éclairage nouveau sur les luttes de pouvoir.

Le Monde


Entouré de ses conseillers en communication, Clooney envoie valser qui il veut, et tient son gouverneur dans un étau qui se resserre tout le long du film: entre beau parleur, superbe orateur et homme de vice. Cette partie-là est assez réussie, les stades de la campagne sont montrés avec force images édifiantes (des mises en scènes de discours assez mordantes; des campagnes d'affichage qui ne sont pas sans rappeler les primaires d'Obama; des réunions au sommet; des tractations qu'on essaie de dissimuler avec le camp républicain adverse; des relations ambigües entretenues avec la presse). Entouré d'un directeur de campagne, Paul Zara, campé par le toujours brillant Philip Seymour Hoffman, et d'un conseiller spécial, Stephen Myers, interprété par Ryan Gosling, en grande forme (qui trouve ici l'occasion de montrer réellement l'étendue de son talent, il est celui qu'on regarde et chez lequel on tente de déceler la star de l'automne, et pas en vain, cette fois-ci), le gouverneur est sur de gagner la primaire, il se voit même déjà investi président des Etats-Unis. C'était sans compter le camp adverse, dont la stratégie est fine, et la stagiaire du gouverneur, une Evan Rachel Woods a minima, qui fait découvrir malgré elle un scandale au conseiller spécial du gouverneur. Et à partir de ce moment-là, la dynamique parfaite est enrayée, la victoire s'éloigne, et les tensions apparaissent dans la presse. Sauver la face, devant un camp adverse déstabilisant (le directeur de campagne du candidat républicain, Paul Giamatti, est parfait, machiavélique à souhait), et devant des journalistes affamés. Les marches du pouvoir travaille beaucoup sur l'image que se donnent les politiciens, souvent véreux même s'ils peuvent être animés d'une réelle passion pour ce qu'ils défendent.

 

En dépit d'une réalisation élégante et d'une affiche de choix (...), le film déçoit. La faute à une intrigue aux ressorts peu convaincants et à une oeuvre qui (...) paraît surgir à contretemps.

La Croix


On regrette alors que Clooney n'ait pas le cran d'être un peu moins sage, un peu moins rectiligne dans une réalisation certes soignée mais très attendue, un peu moins classique dans un film qui aurait pu être plus sombre, plus entêtant. On aurait aimé un jeu plus approfondi sur cette victoire qui est à portée de mains, et qui est un moment mise à mal par des facteurs incontrôlables, parce que faisant parti des magouilles politiques auxquelles s'adonnent les employés les plus importants au service du gouverneur. Il y avait également là de quoi monter quelque chose de plus solide autour d'un personnage très intéressant mais sous-utilisé, le sénateur Thompson, que les deux camps essayent de compter parmi leurs soutiens. Restent alors un rythme qui ne se dément pas, un divertissement qui reste de qualité, intéressant mais vite consommé, et surtout l'intérêt de voir Ryan Gosling orchestrer les négociations et prendre le pouvoir. Parce que c'est véritablement lui qui explose l'écran, de son regard bleu azur qui cache bien des choses. Un regard qui colle parfaitement au film, puisque ce mélange de malice et de mystère lui permettra de prendre, comme le suggère l'affiche, la place du plus puissant, littéralement. Au final, donc, un film sympathique, mais un peu trop léger pour marquer.

 

les-marches-du-pouvoir.jpg

 

62% de réussite.

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