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16 novembre 2011 3 16 /11 /novembre /2011 17:00

LOVE AND BRUISES

Lou Ye

 

1 étoile bis

 

EN BREF:

Une romance tourmantée et froide, qui questionne, même si le film est bien trop long, filmé avec les pieds, et que le contenu est trop faible pour intéresser réellement.

 

love-and-bruises.jpg

 

A quoi tient une histoire d'amour? Lorsque le garçon teste la fille pour savoir si c'est une "salope", alors que la fille est à moitié forcée de faire l'amour la première fois, quand les coups sont rudes et violents, même si la pudeur est largement mise à mal, à quoi tient ce sentiment souvent rude et inexplicable? A presque rien. Une impression, à un moment donné, dans des circonstances, qui font qu'on se sent en sécurité, ou tout simplement qu'on se sent bien, en phase avec tout ce qui nous entoure. Peut-être aussi une prise de risque, une envie de savoir jusqu'où peut-on tirer ce fil ténu, quand l'autre va-t-il prendre son envol. A quoi tient une rupture? A la fin d'un cycle, à l'envol d'un des deux, un envol certes contrarié mais annonciateur de nouvelles promesses. La dérive des sentiments, ainsi aurait pu s'appeler Love and Bruises, au titre qui semble antagonique mais n'est que logique (amour et blessures). Lou Ye tente d'illustrer les deux questions qu'on se pose tout au long du film, du début de l'histoire d'amour tourmentée à la rupture, et le renouveau qui s'ensuit. Découle de cette histoire une autre question, fascinante: à quoi tient un film? Si le cinéma est l'art de l'image et du rythme, comme il est convenu de dire, alors Love and bruises ne tient à rien, puisque ce sont là ses deux principals défauts: on s'ennuie comme il n'est pas permis, et l'image n'est pas belle du tout, la caméra fait mal au coeur, même si Lou Ye trouve un angle assez inédit pour filmer Paris. Mais si un film peut tenir à autre chose, une passion, une nouveauté dans la manière de traiter des sujets universels qui évoluent à travers le temps, un questionnement, alors Lou Ye trouve ici sa légitimité.

 

Lou Ye reprend vaillamment sa caméra à l'épaule pour un film assez heurté, en partie improvisé. Les comédiens ont la fougue adéquate, mais leur romance tourne un peu à vide.

L'Humanité


On commence par une rupture, aux Halles, un homme qui s'en va et une étudiante chinoise qui reste. Ses sentiments sont compliqués, elle ne sait plus trop ou elle en est. Et elle rencontre un plutôt bel homme, mystérieux et sympathique, sur un marché parisien (à Belleville, il me semble, mais les incohérences de lieu sont nombreuses). A partir de là, ses sentiments se résumeront, si l'on en croit l'image, à des pulsions sexuelles, et à l'instinct. Elle change d'appartement, s'installe peu à peu dans une vie parisienne qui semble la dépasser, même si elle aime la ville. Corinne Yam interprète avec pas mal de force cette femme perdue au milieu d'hommes qui croient la cerner, et instaure un jeu assez complexe dont on ne saura pas trop quoi tirer après la projection. Tahar Rahim, qu'on a jamais vu aussi sauvage, aussi animal, campe cet amoureux fou et attaché (mais difficilement attachant), dont les contours restent flous et mystérieux (on sait la légalité douteuse de ses activités, mais on ignore ce dont elles retournent). Et voilà, 1h45 à regarder un couple se former, se refermer sur lui-même, les relations se distendre, et l'idylle peu romantique cesser. Ce qu'on peut reconnaitre à Lou Ye, c'est d'avoir su ponctuer la noirceur de son film d'une certaine délicatesse dans la partition musicale qui accompagne le film (quelques notes de guitare égrenées ça et là). Le traitement du sujet, aussi, par une caméra toujours proche des corps, qui en fait sortir de temps en temps la sensualité, et souvent la violence. Ye sait donner à des étreintes une mesure de gravité.

 

La manière fiévreuse [de Lou Ye] de capter les instants, comme par rafales, opère toujours. Mais pas, hélas, dans les longues et nombreuses scènes d'amour, cruciales en théorie, mais inexpressives, répétitives, absurdement pudiques...

Télérama


Mais si le film suscite un questionnement et une gêne, devant certains plans, on a du mal à comprendre pourquoi le réalisateur s'est donné tant de peine à allonger, encore et encore, son film, alors qu'il aurait clairement gagné en force à couper des pans entiers de scènes répétitives et lassantes. Son propos est trop mince pour l'étirer à ce point, jusqu'à tourner à vide. Et ses choix de mise en scène radicaux sont parfois assez indigestes, comme sa volonté de monter des archétypes de seconds rôles (on pensera à Jalil Lespert, qui cabotine totalement, ou à Vincent Rottiers, dont le rôle aurait pu être intéressant). Le film n'a de réel intérêt que prendant quelques scènes, la tension s'affaissant souvent pour laisser place à un vide substantiel. Et si la tentative du cinéaste à rattacher son film à la vérité d'une Chine encore peu libre (en atteste cette traduction, à la fin, par Corinne Yam, d'une femme qui parle de la condition d'artiste en Chine), est louable, on ne voit pas vraiment le rapport avec toutes les images qui précèdent. De même, les maladresses s'enchaînent lorsque le cinéaste boucle son film, les quinze dernières minutes paraissent être un véritable fourre-tout de tout ce que l'auteur n'a pas su caser avant. Sensation étrange, donc, à la sortie, où se mêlent des questionnements vraiment intéressants, et aussi une incompréhension latente.

 

love-and-bruises-2.jpg

 

48% de réussite.

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