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18 juin 2011 6 18 /06 /juin /2011 20:33

Festival de printemps

 

LONDON BOULEVARD

William Monahan

 

1 étoile bis

 

EN BREF:

Et plouf! C'est rare qu'un « thriller » ait si peu d'effet sur son public, chaque coup de feu est en sourdine, chaque événement ne fait que nous plonger un peu plus profondément dans un ennui abyssal. Et Colin Farrell ne rattrape rien.

 

london-boulevard-2.jpg

 

Le générique de début de London Boulevard n'a rien d'original, mais il a le mérite de nous laisser entrevoir un film agréable: des images vieillottes, avec grain, des découpages dans tous les sens, et des grands panneaux de couleur avec les noms des acteurs... Un film bien dans l'air du temps, se dit-on, avec un générique tel qu'on en voit de plus en plus souvent. Et puis Colin Farrell sort de prison, le teint pâle et la chevelure grisonnante. Et là, non seulement on commence à se foutre royalement de ce qui va lui advenir, mais en plus il nous énerve. Il y a dans le jeu de Colin Farrell une constante envie de trop bien faire, de lisser son personnage pour qu'il rentre dans les codes du genre, sans aucune aspérité dans la personnalité d'un caractère qui, du coup, lasse. On attendait alors des personnages secondaires capables de relever le niveau (on allait pourtant voir le film pour Colin Farrell), mais les espoirs sont vains: Keira Knightley est et restera, pour moi, l'une des pires recrues du cinéma dramatique américain, les gangsters ne cassent pas trois pattes à un canard, dans des scènes lourdes et pleines de clichés mal utilisés. Il y en a tout de même un qui s'en sort, dans un rôle de comédien adepte des jeux de rôles: David Thewlis (professeur Lupin, dans Harry Potter, pour situer), malheureusement trop peu présent à l'écran. Et une histoire qui aurait pu être intéressante si elle avait été creusée: l'histoire d'amour impossible entre le médecin d'origine indienne et la soeur alcoolique.

 

Un film noir, made in England, qui prend l'eau de toutes parts. Par rapport à un thriller ordinaire comme "La Défense Lincoln", celui de Monahan a tout faux parce qu'il se croit plus malin que les autres. Le hic, ce sont les fioritures et les digressions pittoresques.

Les Inrockuptibles


Pour faire rapide, l'histoire rentre dans les intrigues les plus utilisées du thriller policier de base: un homme sort de prison, est traqué et/ou utilisé par d'anciens collègues gangsters, qui veulent lui faire reprendre du service. En bon gangster repenti, l'homme sorti de prison renonce, et se met à protéger une frêle et indécise femme (une actrice en l'occurrence). Il en tombe amoureux, et veut s'enfuir avec elle, pour échapper aux paparazzis qui ruinent la vie de l'actrice. Elle s'en va, il reste pour ce fameux dernier coup avec de raccrocher, et évidemment, ce qui doit advenir advient. Bref, William Monahan a pris au moins un risque fou: refaire l'histoire usée sans aucune originalité (le dernier en mémoire est Anton Corbijn, qui s'y était légèrement cassé les dents, avec The American). Mais ce risque ne paye absolument pas. Refaire la même histoire, sans une once de personnalité, sans jamais prendre un peu de liberté, ne serait-ce que techniquement, c'était gonflé, et le risque était d'environ 99% de louper l'arrivée. Monahan n'a pas su saisir le 1% restant, et le reste de son équipe avec lui. Rien. Il n'y a rien dans ce film. Il y avait pourtant des aspects à regarder, des ambiances à capter. Londres semblait être un personnage du film (la ville fait tout de même partie du titre du film), et rien, pas l'ombre de la Tamise, pas la trace d'une caractéristique propre à la capitale britannique. Quant au « boulevard » du titre, c'est un très mauvais jeu de mot, puisqu'effectivement le film ne restera, dans les mémoires, qu'un boulevard de clichés, un boulevard d'indigence, et un sommet de conformisme.

 

london-boulevard.jpg

 

38% de réussite.

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commentaires

dasola 27/06/2011 06:42


Bonjour Gagor, je suis moins sévère que toi envers ce film. Je me suis distraite: Colin Farrell et David Thewlis (découvert dans Naked le chef d'oeuvre de Mike Leigh) valent à eux seuls le
déplacement. Je reconnais en revanche de Keira Knightley est insignifiante et il faudrait qu'elle se "remplume": elle est d'un maigreur à faire peur. Bonne journée.


Jul 18/06/2011 21:44


D'accord avec toi, le film est un grand raté et plein de déjà-vus...


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