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14 mai 2011 6 14 /05 /mai /2011 17:01

Festival-de-printemps.jpg

 

MINUIT A PARIS

Woody Allen

 

3 étoiles

 

EN BREF:

Une réjouissante comédie légèrement philosophique et largement poétique, par un Woody Allen sacrément en forme, et – chose rare -, très optimiste. Une belle ballade parisienne, pleine de charme et d'inventivité!

 

Minuit-a-Paris-2.jpg

 

Woody Allen, catalogué comme le cinéaste clarinettiste juif intello, nous offre chaque année notre piqure de comédie philosophico-poético-allenesque. Et après un opus raté (à mon sens), un Vous allez rencontrer un bel et sombre inconnu vide d'intérêt et très plat, il nous revient très en forme, et continue son petit tour d'Europe, en visitant la capitale française. L'idée du film est excellente: un homme, passé minuit, revient à l'époque qui le fascine, sa belle époque, l'âge d'or, dans les années 20, à Paris, et rencontre les grandes figures intellectuelles (littéraires, musicales, artistiques, cinématographiques...) de l'époque. Partagé entre le quotidien à l'Hôtel Bristol avec sa future femme et ces virées nocturnes incroyables, le héros ne sait plus comment se placer par rapport à l'écriture de son propre livre, par rapport à son amour pour sa femme et par rapport aux artistes qu'il rencontre.

 

Cette délicieuse histoire hors du temps, invite à vivre la vie comme elle vient, qui dit la jeunesse éternelle d'un cinéaste définitivement unique.

Le Journal Du Dimanche

 

La bande-annonce n'annonçait rien de bon, les cinq premières minutes du film sont un désastre (clichés parisiens, dans tous les sens et sans aucune mesure), on se dit qu'on est effectivement bien loin du Paris de Barbés, et que Allen va aligner un par un les clichés qui nous collent à la peau. Puis arrivent les personnages, dans des scènes amusantes, sans plus, avec une Rachel McAdams qui tient parfaitement son rôle (c'est-à-dire qu'elle est insupportable). Et si Allen en met beaucoup sur le dos des parisiens, il n'oublie pas les américains, avec ce portrait du père de la fiancée, républicain adepte de tea party, assez lourd au départ puis qui vient contrebalancer la dynamique prise par l'histoire ensuite. Et puis arrive cet événement surnaturel. On voit débouler une vieille voiture et le film est lancé, parti pour plus d'une heure de rigolade, de réflexion, de conte merveilleux. On fait la rencontre avec Hemingway, Fitzgerald, Cole Porter, puis Picasso, Matisse, ainsi que leurs muses. Woody Allen nous donne à voir des morceaux de leurs délires, et chaque apparition de ces personnages est à chaque fois un moment assez inoubliable et carrément savoureux. On s'amuse réellement à découvrir certaines raisons de leur inspiration, leurs caractères, leurs interrogations, et c'est toujours d'une drôlerie déconcertante (ainsi qu'une réflexion sur l'intemporalité de l'art, des artistes, et sur l'évolution de la place et du comportement des artistes). Le héros commence une histoire d'amour étrange avec la muse d'une période de Picasso, Adriana (Marion Cotillard, dans le seul type de rôle qui lui va bien), qui rêve, elle, de vivre à la Belle Epoque (fin du XIXe). Et, dans un tourbillon fou, on se retrouve dans un cabaret, au Moulin Rouge, avec les danseuses. Dans ce voyage à travers l'espace-temps, on s'oublie, on rêve à pouvoir, nous aussi, vivre quelques heures, quelques jours dans l'époque qui nous fascine, à nous retrouver, tel le personnage très drôle de Gad Elmaleh, dans le salon du roi Louis XIV, ou à discuter avec Salvador Dali (oublierais-je un jour cette hilarante discussion surréaliste avec Dali – Adrien Brody, ou le rhinocéros m'a procuré un mémorable fou rire?).

 

Chaque immersion dans le passé est une bouffée d'idéal, tout redevient sexy, affolant, fragile. Ce n'est pas simplement Paris qui est une fête, mais ce temps-là que le cinéaste ressuscite dans son innocence. Allen réussit quelque chose de troublant qu'il est même assez difficile de décrire : c'est en allant au bout de tous les clichés qu'il atteint leur puissance d'actualité vibrante (...).

Libération


Une ballade qui charme vraiment, donc, tous les sens, puisqu'on oublie totalement le reste, grâce aux fourmillants et jouissifs détails (costumes, décors, lieux, voitures, ambiance), grâce à une belle interprétation de l'ensemble du casting (quant à la polémique Carla Bruni, elle n'a aucune importance, vu le rôle quasiment silhouette qu'elle a, sa prestation n'a rien de honteux, et ne pas aller voir le film à cause de sa présence reste bien dommage), grâce à une réalisation dynamique et un sens du rythme très Allenien (ses films ont toujours quelque chose d'assez étrange dans leur façon d'avancer)...Et puis pour l'étonnement d'une très belle prestation de Owen Wilson, cantonné aux navets, qui se révèle un très bon double de Woody Allen (pas aussi bon que Larry Clark dans Whatever Works tout de même). Bref, un très bon moment, avec quelques scènes inoubliables, et une idée originale qui nous fait longtemps rêver. Et là ou Allen nous laisse avec un beau souvenir, c'est avec cette fin, d'un optimisme que j'ai rarement vu chez lui, et cette marche sous la pluie, en bonne compagnie, clôt le film d'une manière assez magique, comme en suspens. Pourquoi vouloir à tout prix vivre dans le déni de notre époque, alors que chacune à ses caractéristiques propres et défendables. C'est chaleureux, poétique, et finalement, contrairement à ce qu'on avait pu imaginer jusque là, une très belle lettre d'amour à Paris.

 

Minuit-A-Paris-3.jpg

 

75% de réussite.

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commentaires

Gagor 18/05/2011 00:24


@ Armelle: oui, je suis bien d'accord, on devrait tous défendre ce film!

@ Bob Morane: non, Woody Allen ne prône pas le "c'était mieux avant", au contraire, il nous dit que nous vivons dans la belle époque de certaines personnes qui vivront dans le futur, et que,
chacune à leur manière, chaque époque se vaut. C'est la première fois que je n'ai vu que de l'optimisme dans un film de ce cher Woody Allen!


ARMELLE 17/05/2011 14:10


Enfin, je trouve quelqu'un sur allocine qui a apprécié ce film comme moi et pour les mêmes raisons.


Bob Morane 16/05/2011 21:00


Je n'ai pas du tout été charmé par cette vieillerie de balade de fin de vie ramachant le "c'était bien mieux avant". Cette carte postale bobo snob est longue et pénible. Owen est la doublure de
Woody triste et empaillée.


Vincent 15/05/2011 00:11


Entièrement d'accord, en réalisant un film résolument romantique, Woody rend le plus beau des hommages à Paris. Déclaration d'amour, c'est le mot.

On en parle sur ASBAF et on en dit beaucoup de bien : http://www.asbaf.fr/2011/05/midnight-in-paris-woody-vend-du-reve.html


Gagor 22/05/2011 22:45



Oui, je viens de lire l'article, très bon, toujours très drôle, mais Carla Bruni irréprochable, ce n'est même pas à signaler, elle n'est vraiment pas grand chose dans le film...



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