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1 mai 2011 7 01 /05 /mai /2011 02:34

POT POURRI

(1/2)

 

Et voilà, presque deux mois de retard, 38 films vus et non commentés, donc forcément, retour express sur un mois de fainéantise, et deux « vraies » critiques, sur deux gros coups de coeur, Tomboy et Waste Land. Quelques films mis de côté, parce que d'autres l'auront défendu beaucoup mieux que moi, ou parce qu'ils l'auront détruit avec vigueur. Aucun mot ici sur: True Grit, que j'ai beaucoup aimé; Fighter, que j'ai bien aimé; Paul, que j'ai passablement aimé; Halal police d'Etat, que je n'ai pas aimé; Le Rite, que j'ai trouvé risible.

 

Allez, retour en deux parties sur les 7 très bons films, les 16 films assez bons ou très périssables et les 8 mauvais films. On commence avec les comédies et les films de pur divertissement.

 

3 étoiles

 

we-want-sex-equality.jpg

 

Début mars, presque en même temps que la journée de la femme, sortait une comédie réjouissante et d'une drôlerie incontestable, WE WANT SEX EQUALITY, se déroulant en Angleterre en 68. Le scénario est excellent, le propos très fort, les comédiennes investies par des rôles tous percutants. Devant cette comédie, on passe littéralement du rire aux larmes, grâce notamment à une scène absolument fantastique où Daniel Mays dit à sa femme: « mais moi, je ne te bats pas, pourquoi me traites-tu comme ça? ». Et celle-ci, divine Sally Hawkins, de répondre, excédée et en larmes: « tu n'as pas à te féliciter de ne pas me battre, ça devrait être la norme, comme celle d'être un bon père, et un bon mari ». Beaucoup moins drôle et percutant dit par moi, mais presque bouleversant dans le contexte. Une excellente comédie, qui nous donne envie de se révolter, d'aimer dans tous les sens, de vivre pleinement!

Après la Grande-Bretagne et ses femmes battantes, on s'envole pour RIOet ses colonies d'oiseaux tropicaux. Carlos Saldanha, également créateur de l'excellent âge de glace, orchestre avec minutie et intelligence un ballet d'oiseaux rares, et sert une recette parfaite, composée de personnages attachants et aux personnalités bien dessinées, d'un scénario efficace et éminemment drôle, de décors somptueux, de morceaux musicaux infiniment jolis, d'un propos pédagogique qui en fait un divertissement pour enfants et adultes de qualité et pas déconnecté de la réalité. Le voyage est mémorable!

C'est un autre voyage que celui qui nous emmène en banlieue parisienne, dans le monde merveilleux d'un couple au bord de la rupture, sauvé par une affaire de drogues. Dans UNE PURE AFFAIRE, comédie injustement oubliée et mise de côté à mon sens, on découvre un duo comique qui fonctionne à plein (Pascale Arbillot – François Damiens) mais qui sait jouer sur tous les tableaux et ne reste pas dans la caricature outrancière, le rire est là, les situations sont succulentes, la mauvaise foi des personnages est délicieuse, et le scénario d'une belle qualité. Les seconds rôles sont bien joués (Didier Flamand et Laurent Lafitte, notamment), et on en sort agréablement surpris. Dommage qu'il soit passé inaperçu...

 

2 étoiles

 

tous-les-soleils.jpg

 

Dans la famille film attachant mais vite oublié, je demande le deuxième film de Philippe Claudel. Celui-ci nous avait offert un premier film bouleversant et inoubliable, selon moi, Il y a longtemps que je t'aime, avec Kristin Scott Thomas et Elsa Zylberstein. Son deuxième film, TOUS LES SOLEILS, entendait rendre hommage aux films de comédie italiens. Alors c'est très joli, Strasbourg est très bien filmé, les comédiens sont très bien dirigés (Stefano Acorsi tient bien le film, et son frère, joué par Neri Marcoré, est assez inoubliable), le scénario est sympathique, l'ambiance chaleureuse, mais on l'oublie très rapidement. Ceci dit, on ne crache pas dessus, c'est un joli moment, qui confirme au moins quelque chose: Philippe Claudel sait clore ses films, la dernière scène est un mélange d'étrange et de beauté, de tristesse et d'espoir. Il aura fallu attendre la fin pour que le film prenne toute la dimension poétique et pleine de sens qu'il aurait pu avoir durant tout son long.

Et dans la famille film repoussant mais jouissif à regarder, je demande RANGO, dessin animé avec la délectable voix de Johnny Depp. Il y a de la trogne dans ce film, de l'humour en veux-tu en voilà, de l'hyper référence à s'en dérider les zygomatiques. On est beaucoup plus fasciné par les personnages que par le scénario, tout de même bien mince, on retient de très bonnes images, et on garde le goût d'un film qui aurait pu être parfait, s'il n'avait pas été aussi fourre-tout.

Et ils sont beaucoup au rayon « films très sympas à regarder, mais oubliés dès la sortie de salle ». MOI, MICHEL G, MILLIARDAIRE, MAÎTRE DU MONDE, faux documentaire sur Michel Ganiant, PDG de Ganiant Corp. Celui-ci fait l'objet d'un documentaire gaucho pour dénoncer son appât du gain, ses magouilles, son immoralité. Le duo-duel fonctionne bien (François-Xavier Demaison est excellent, Laurent Lafitte très bon), les personnages autour ont du mal à trouver une existence, mais la plaisanterie dure trop longtemps pour être percutante, si bien qu'on se demande, même si on a passé un bon moment, à quoi ça sert?

MON PERE EST FEMME DE MENAGE, comédie « sociale » que j'attendais avec la plus grande des impatiences (car réalisée par une auteur que j'aime particulièrement, Saphia Azzedine, qui a écrit les inoubliables Confidences à Allah), et qui est une déception. Bien interprétée par certains (François Cluzet est toujours très juste, Jérémie Duvall, déjà vu dans Le fils à Jo, est très étonnant), beaucoup moins bien par d'autres, la comédie est beaucoup trop caricaturale (la bande d'amis: un black, un blanc, un beur, un juif, on commence bien) et peu percutante, à cause d'un recours trop systématique à la vanne un peu lourde. Un grand manque de finesse, mais une jolie assurance dans la mise en scène, par une réalisatrice qui n'a visiblement pas froid aux yeux. Mi-figue, mi-raisin, donc, mais on retiendra tout de même des bouts de phrases et des bouts de film (dont celle-ci: « finir comme moi, c'est quand tu regardes plus le sol que le ciel... et que ça t'empêches pas de marcher dans la merde! »).

TRON L'HERITAGE, assez jouissif à regarder, un gros et pur produit de consommation made in Hollywood, mais très très beau, j'étais comme un gosse, en émerveillement devant les couleurs, et totalement emporté par le rythme entêtant de la bande son signée Daft Punk. Seulement, malgré un moment de bonheur, on oublie tout très vite, parce qu'il n'y a aucun scénario, si ce n'est une psychologie de bas étage pour tous les personnages, et des péripéties vues et revues des milliers de fois...

CHEZ GINO, faux documentaire, sur un pizzaiolo italien (Gino, José Garcia en plutôt bonne forme) qui se fait filmer par un réalisateur (Samuel Benchetritt) pour se faire passer pour un mafioso auprès de la famille. Problème: si ça reste assez agréable à suivre, le scénario est trop mince pour nous captiver totalement, les ambitions bien trop élevées. On se retrouve au final avec un film assez prétentieux, qui se veut ouvertement attachant, appétissant et hilarant, mais dont on reste assez distant, sans avoir envie de manger une pizza à la fin (ou alors pour une raison indépendante au film). Mais quand même, une belle surprise: Anna Mouglalis, totalement hilarante, à mes yeux le seul vrai intérêt du film.

PHILIBERT, pastiche des films de collants et d'épées, avec une partie du fleuron du jeune cinéma comique français (enfin, belgo-français, avec Jérémie Rénier en tête du cortège, Elodie Navarre et Manu Payet). Visiblement, eux s'amusent énormément, on a un peu plus de mal, même si la sincérité parvient parfois à toucher, et que certaines idées sont terriblement amusantes. Jérémie Rénier reste un très bon comédien (au sex-appeal bien mis en valeur...), Manu Payet est assez marrant, Elodie Navarre nuit un peu au tableau, mais bon. Là où le film pêche réellement, c'est au niveau du méchant, qui n'a aucun gueule (Alexandre Astier, qui a pu se révéler bien plus convaincant), et au niveau des termes qu'on est obligé d'employer pour décrire le film (rigolo, marrant, amusant, jamais plus). L'idée était pourtant bonne, et le moment reste loin d'être désagréable.

MORNING GLORY, comédie purement américaine dans tout ce qu'il y a de plus mainstream, plutôt bien tenue malgré tout, sur la success story d'une productrice de matinale télévisée. Comme d'habitude, la fin est totalement mièvre, les séquences émotions imbuvables, mais pour une fois, les séquences intermédiaires sont généralement amusantes, et les passes d'armes entre Harrison Ford et Diane Keaton assez délicieuses. Rachel McAdams tient le premier rôle, et n'a pas de mal à se faire une place entre ces deux grands, mais le tout reste très superficiel, et ça ne bouche pas la dent creuse.

 

1 étoile bis

 

ma-part-du-gateau.jpg

 

Les comédies françaises ne sont pas à la fête en ce moment, et après Tout ce qui brille, c'est plutôt tout part en vrille (oh, oh, jeu de mot!). Effectivement, pas mal de déceptions, sur deux films que j'attendais énormément, et deux films sur lesquels je ne pariais pas grand-chose. D'abord l'histoire d'amour entre une jolie fille de banlieue (pauvre, mais studieuse, un modèle d'intégration pour une fille typée arabe, Leïla Bekhti) et un joli garçon de Paris (riche, qui ne fout rien de ses journées, fils à papa, un modèle de bienveillance pour la jeune fille banlieusarde). TOI, MOI, LES AUTRES, malgré une sincérité débordante et un propos qui tente de défendre les travailleurs sans-papiers et les différentes communautés, est un bloc de mièvrerie saupoudré d'une poignée de chansons françaises chantées dans un kitsch d'assez mauvais goût. Audrey Estrougo réalise un deuxième film un peu bêta, bien qu'on ne lui enlève rien d'une tentative pédagogique salutaire... mais loupée. Les jeunes comédiens sont débordants de beauté et d'énergie, les seconds rôles insupportables de caricature, bref on s'ennuie beaucoup, et les numéros musicaux qui étaient prometteurs se révèlent assez loupé. Le tout partait pourtant d'une belle intention. Mais quand on termine le film sur une reprise de la magnifique chanson de Brel Quand on a que l'amour, que l'on se permet d'en changer un morceau, et de la chanter comme on chanterait n'importe quelle chanson sous sa douche, moi j'en sors très énervé.

Enorme déception également pour un cinéaste qui m'a marqué à jamais avec son Auberge espagnole, sa recherche du chat, son Péril jeune, son Paris désertique, ses Poupées Russes. Cédric Klapisch revient ici avec un couple très en vogue et qui promettait beaucoup (Karin Viard-Gilles Lellouche), et fait se rencontrer deux personnes issues de classes opposées (France, c'est son prénom, était ouvrière et s'est fait virer de son entreprise à Dunkerque, monte sur Paris et devient la femme de ménage de Steve, un trader qui se révèle être celui qui à fait licencier tous ces travailleurs). MA PART DU GÂTEAUcommence très mal, parce qu'il est trop caricatural et qu'il prend un peu son spectateur pour un imbécile, le tout étant sans cesse inutilement surligné et répété à l'envi. Après une mise en place très laborieuse, la rencontre a enfin lieu, avec quelques rares scènes cocasses, où le talent de Karin Viard est largement mis en avant (Lellouche n'étant pas du tout crédible du début à la fin, il n'arrive pas à être méchant, il reste attachant). On s'ennuie, on s'ennuie, et arrivent les cinq dernières minutes, où – ouf! - on reconnaît la patte Klapisch, celle qui nous a tant fait rêver par son utopisme fou, par sa liberté de cadre, de ton, par sa fougue et son désir d'en finir avec tous ces cons. Il aura malheureusement fallu attendre une heure quarante avant d'avoir une petite satisfaction, et inévitablement, on a encore faim!

Ensuite, on embarque sur LA CROISIERE, comédie à clichés en rafale, réalisée par la multirécidiviste Pascale Pouzadoux, qui avait déjà commis De l'autre côté du litnotamment. Et c'est parti pour une heure trente de platitude (la mer n'est pas très agitée), de comique gras et bien lourdaud comme il faut, avec des personnages qui n'en sont pas et qui restent aux stades d'archétypes mal dessinés. Bref une série de vignettes pas franchement hilarantes qui, mises bout à bout, constituent un film pas du tout crédible et franchement désolant. Seule une actrice, que j'affectionne énormément, m'avait donné envie d'aller voir ce truc, c'est Marilou Berry, et effectivement, elle a une dimension comique incontestable, et les seuls morceaux de rire du film lui reviennent. Quant au reste...

Et enfin, il y a cette autre grande déception, servie par un pourtant joli casting (Mélanie Laurent, Michel Blanc, Florence Loiret-Caille, Claude Perron, Guillaume Gouix, Manu Payet), et réalisée par celle qui avait déjà filmé une jolie petite histoire d'amour (Jusqu'à toi). Et là, déception sur toute la ligne, les dialogues tombent forcément à plat, le jeu sonne totalement faux (excepté celui de Guillaume Gouix), le scénario est d'une indigence incroyable, la réalisatrice vide de manière outrancière son MP3, qui ne regorge visiblement pas des meilleurs morceaux, et gâche ainsi toute émotion. Et il ne reste que quelques moments assez jolis, les seuls qui ne soient pas inondés de cette mièvrerie insupportable. Le titre donnait une folle envie, mais ET SOUDAIN, TOUT LE MONDE ME MANQUEsera rapidement dans les poubelles de nos esprits.

 

0 étoiles bis

 

sucker-punch.jpg

 

Insupportable, inutilement criard, fatiguant, sans aucun sens, voilà des qualificatifs qui tiennent quasiment de l'euphémisme pour décrire SUCKER PUNCH, que j'ai en tous points détesté. Je n'y ai vu qu'un enchaînement de prouesses techniques indigeste, que des poupées de jeux vidéos désagréables à regarder, qu'un scénario qui tentait d'atteindre le meilleur (dans la construction du scénario, Inceptionvient forcément à l'esprit), mais qui se complaît dans les bas-fonds tant son propos est indigent. Et je me suis bouché les oreilles au moins la moitié du film, à cause d'une musique insupportable et omniprésente, qui empêche toute empathie avec les personnages. J'en suis sorti sur les rotules et énervé, moi qui pensait voir un bon gros film, abêtissant, certes, mais agréable et détendant.

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commentaires

Vincent 08/05/2011 15:24


Ouep, Miguel G c'est pas mal, c'est rigolo de retrouver l'esthétique The office US greffé à la comédie franchouille. Enfin je crois, j'ai oublié. Haha


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