Critiques des films récents, bilans mensuels... Coup de coeur, coup de blues, l'évolution du cinéma, et la mienne, aussi.
SUBMARINO
Thomas Vinterberg
EN BREF:
Une lutte fraternelle et fratricide qui démarre sur un souvenir d'enfance bouleversant. Le film, baigné d'une lumière magnifique et assez magique, est dur, âpre, froid, marquant, élégant. A voir absolument.

Thomas Vinterberg réalise une fable familiale dans laquelle deux frères sont en lutte avec leurs démons intérieurs et ne parviennent plus à communiquer après un drame vécu pendant l'enfance (drame raconté en début de film, plongé dans une lumière éblouissante mais magique, traumatisant effectivement). Durant tout le film, on suit les parcours de ces deux hommes noyé dans l'alcool pour l'un et défoncé au shoot pour l'autre. Et c'est effectivement (comme le disait ffred), très âpre, glauque et dur, mais lumineux et très très fort. Le film est baigné dans une lumière qui n'a de cesse de dissimuler des couleurs, le montage est vif et alerte, mais prend toujours le temps de laisser aux spectateurs une période de contemplation, la musique est déchirante et souvent en décalage avec l'action, et nos yeux sont subjugués par la beauté du traitement, la laideur et la cruauté du sujet. Les acteurs, très impliqués, sont tout simplement parfaits, seconds rôles comme premiers rôles. Et pourtant, Vinterberg arrive à tirer de cette histoire très dure une beauté, un échappatoire peu fiable mais bel et bien existant dans une dernière scène magnifique. Le film est très dur, à ne pas conseiller à tout le monde, mais les spectateurs un minimum sensible n'auront pas manqué d'être chamboulés par cette histoire dans une oeuvre peu commune, qui nous bouscule et nous dérange, qui nous éblouit. Festen, qui date de 98, était, à en lire des critiques, le premier et le seul film magnifique de Vinterberg. Je vais m'empresser de le voir, et comme ça j'en aurais vu deux!
74% de réussite.