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Critiques des films récents, bilans mensuels... Coup de coeur, coup de blues, l'évolution du cinéma, et la mienne, aussi.

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Chronicle

CHRONICLE

Josh Trank

 

2 étoiles

 

EN BREF:

Un film bien plus triste que son style ne veut bien l'admettre. C'est assez efficace, parfois étonnant, mais on ne prend aucun plaisir à regarder tant le filmage est indigeste, et le propos bâclé.

 

chronicle.jpg

 

Seattle, aujourd'hui. Trois jeunes hommes découvrent un trou dans le sol, et décident de s'y engouffrer. A l'intérieur, une chose étrange, sorte de boule dans la paroi, que nos héros vont s'empresser de toucher. Pour devenir ainsi des super-héros, car ils se retrouvent dotés d'étonnants pouvoirs. Voilà le pitch peu ragoûtant du film. Seulement c'est bien plus intéressant que cela, puisque l'oeuvre est loin de ne se résumer qu'à un film de super-héros, mais regarde évoluer le rapport de ces jeunes à leurs pouvoirs, leur éthique. Et s'intéresse plus particulièrement à Andrew, battu par un père chômeur et alcoolique, complètement solitaire, qui regarde la vie à travers le prisme d'une caméra qu'il s'est lui-même achetée, pour immortaliser et commenter sa misérable vie. C'est un peu mélo dit comme cela, mais le scénario est très efficace sur ce versant, ne montrant que le strict minimum, pour comprendre pourquoi Andrew utilise ses pouvoirs de la manière la plus violente qui soit. Chronicle, chronique d'une jeunesse américaine bien loin du rêve américain, filmée par un représentant déprimé de celle-ci (l'acteur a 23 ans, le réalisateur n'est guère plus vieux, avec ses 27 ans).

 

Si la mise en scène était à la hauteur des personnages et de l'écriture, ces héros seraient vraiment supers.

Ecran Large


Les trois acteurs tiennent la note juste, en particulier Dane DeHaan, le personnage principal, face à des seconds rôles totalement inconstruits et laissés de côté. Seulement ils ne sont pas aidés par le choix du réalisateur de filmer tout sur un mode amateur, jusqu'à rendre son oeuvre vraiment amateur (au niveau musical aussi, d'ailleurs) aux yeux des spectateurs. Même si le choix peut se justifier et constitue un choix intéressant du personnage de Andrew, on ne peut s'empêcher de croire que ç'aurait été autrement mieux si l'image avait été plus lisible, un peu plus posée. On ne prend pas de plaisir à regarder le film, tant cette manière saccadée de filmer est fatigante. Heureusement que c'est assez court et efficace... Reste la fragilité passionnante (et c'est surement ce qui surprend le plus) d'un point de vue, avec cette caméra qui joue véritablement le rôle d'Andrew. Même si le cinéaste déroge parfois à la règle, en prenant les images de caméras d'autres personnages du film. Le montage est parfois maladroit, l'effet que produisent ces coupes incessantes en plein milieu d'une phrase est assez frustrant, même si les phrases coupées n'ont jamais rien d'intéressant.

 

Ce n'est pas la première fois qu'Hollywood affiche, en toute conscience de soi, un savoir sur la signification psychologique de ses conventions. (...) Mais ici, le ton est plus pessimiste, le regard plus sombre, la vision dénuée du moindre lyrisme.

Le Monde 


Et c'est ici qu'on touche du doigt le paradoxe du film: les dialogues sont souvent niais, très mal écrits, le filmage est horrible et l'image le plus souvent moche (excepté lors d'une assez géniale scène aérienne), mais le propos qu'implique l'histoire est, lui, intéressant, vraiment surprenant pour un film de la sorte, on était loin de prévoir que le film allait être, dans sa manière d'être fait et de dire les choses, une oeuvre triste et partiellement réaliste. Du coup, Josh Trank réalise un objet pas vraiment abouti, et qui laisse un peu perplexe. Ce que le réalisateur veut (un film qui soit autrement que ce que l'on en attend - et il l'est), ce que le réalisateur montre (une jeunesse un peu désespérée, qui n'aspire plus à aucun idéal), il le démonte par une dernière partie inutilement étirée et casse-gueule (cette scène de bataille à Seattle, poursuite improbable entre policiers et hommes volants), et le conclut avec maladresse, avec cette fin, qui parait totalement bâclée, et est évacuée avec une vitesse déconcertante.

 

chronicle-2.jpg

 

55%.

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B
Tout à fait d'accord avec ta critique. Beaucoup de bonnes choses gachées par ue image de m... et des dialogues légers sur une fin longue et chiante.
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J
Plutôt d'accord. Un film qui parvient malgré tout à se distinguer malgré ses faiblesses (j'ai eu du mal aussi avec le combat final..). Le regard implicite porté sur la jeunesse est assez<br /> subtilement traité malgré la redondance du procédé "found footage".
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T
Le réalisateur s'attaque pour son premier film au portrait d’une adolescence en crise et désenchantée. J'adore le parrallèle que l'on peut faire avec Magneto et Andrew. Par contre la caméra<br /> embarquée, il faut arreter avec cà parce que c'est l'overdose d'images moches. Moi, j'aime bcq ce film pour ce qu'il raconte. Le fond oui, la forme non...
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