Critiques des films récents, bilans mensuels... Coup de coeur, coup de blues, l'évolution du cinéma, et la mienne, aussi.
CONTAGION
Steven Soderbergh
EN BREF:
Un film très médical, sans grand intérêt, assez inefficace. Les sensations promises par la campagne de pub et par certaines critiques sont totalement inexistantes, au moins pour moi, qui suis resté de marbre et me suis foncièrement ennuyé.
On nous a promis de la sensation, un film servi par un casting assez fou, un film anxiogène juste après lequel on n'aurait qu'une envie: se laver les mains. Et bien c'est plutôt une impression "on s'en lave les mains" qui domine après la vision du film. Il faut dire que j'ai toujours été totalement hérmétique au cinéma de Soderbergh, duquel, à mon sens, il n'y a rien à tirer. Les Ocean's, le genre de film d'action que je hais par excellence, un essai en comédie (The Informant), un truc étrange (Bubble), même ceux que je n'ai pas vu me laissent d'avance une impression amère (Traffic, The good german, Sexe, mensonges et vidéo), et j'ai surement tort. Alors donc, quel était ce scénario qui a pu attirer ces acteurs de qualité, que sont Matt Damon, Kate Winslet et Jude Law, et que peut être Marion Cotillard? Une pandémie, inspirée de diverses épidémies, évidemment largement dramatisée, et ramenée en l'espace de quelques jours à l'échelle planétaire. L'enjeu du film? Trouver un vaccin le plus vite possible. Ce qu'on a du mal à comprendre, c'est pourquoi vouloir à tout prix faire un film le plus mainstream et le plus chronologique possible pour faire le tour d'un sujet aussi basique, autant utilisé? Beaucoup de questions qu'on se pose durant la projection, faute d'avoir autre chose à faire. Le scénario m'a paru bâteau au possible, avec une petite originalité du côté du blog-reporter, Jude Law (au plus bas), qui donne quelques petites scénettes amusantes.
"Contagion" enquille lourdeurs et clichés. Un film de malades.
Libération
On a l'impression de regarder un épisode pas très inspiré d'une série américaine dans le milieu hospitalier (le duo Winslet-Fishburne en semble tout droit sorti), ou certains décors sont baclés, faute de moyens (quelques mois après le début de la pandémie, on retrouve un Matt Damon au top, toujours muni de ses kilos en trop, dans ce qu'on croirait être une petite bourgade américaine fleurie, et plusieurs autres incohérences de ce type), et ou les dialogues s'inspirent d'un langage médical pas forcément de très haut niveau, s'étayant surtout sur des graphiques incompréhensibles et expliqués avec peu de crédibilité (on voit mal un médecin dire à un autre: "tu vois, là, les vaisseaux sanguins sont clairement attaqués", ou autre phrase du type). On espérait au moins pouvoir avoir notre paquet de sensations, hélàs à chaque fois qu'un petit suspense s'instaure, retour dans une maison américaine, chez Matt Damon, incroyable d'impassibilité, malgré la perte de sa femme, et même s'il n'arrive pas à obtenir de rationnement et de vaccin pour sa fille, mais on n'est pas à cela près, et qu'on aura rarement vu aussi mauvais. Toute tentative de sensation est tuée dans l'oeuf, et au final on s'ennuie, le film n'étant pas même porté par la bande originale, pourtant adaptée, le spectateur n'étant pas tellement choqué pas la dizaine de morts qui déroule devant ses yeux (sauf celle d'un gamin, assez marquante), ni interressé par la quête du vaccin. Etonnamment d'ailleurs, les meilleures scènes restent celles de Marion Cotillard, qui s'efface derrière son rôle, et qui est relativement étonnante... Le tout, en tout cas, se termine de manière très rapide, très laconique, et même assez ridicule (un faux bal de promo reconstitué pour la fille de Damon, dont le petit copain a été vacciné, et peut enfin réentrer en contact avec elle - ouah). Bref, j'ai vu un autre Soderbergh (et à moins que ses prochains films soient de nouveau selectionnés dans un Festival saisonnier, ce sera le dernier).
45% de réussite.
Le point FA2
Le festival d'automne deuxième du nom, toujours organisé par Chris, Fred, Pierre et influencé par beaucoup d'autres, commence donc assez mal pour ma part, mais mon avis semble plutôt concorder avec les autres (quoique, sur Persistance Rétinienne, c'est un "Assez bon coup"... On attend donc beaucoup des prochains films, et on espère que la teneur des autres films sera plus inspirante, que les sujets pourront prêter à débat. Parce que là, on voit pas trop encore. 50/50 est le prochain sur la liste, une comédie risquée sur le cancer, mais dotée d'un casting qui fait baver (Joseph Gordon-Levitt et Seth Rogen en têtes d'affiche).
En guise de rappel, voici les 7 films en compétition pour succéder à Potiche, feuille morte d'or l'année dernière, en espérant que 4 des 7 titres de films ne puissent pas décrire le festival:
Contagion, de Steven Soderbergh.
50/50, de Jonathan Levine.
L'art d'aimer, de Emmanuel Mouret.
Carnage, de Roman Polanski.
Shame, de Steve McQueen.
17 filles, de Delphine et Muriel Coulin.
A dangerous method, de David Cronenberg.