Critiques des films récents, bilans mensuels... Coup de coeur, coup de blues, l'évolution du cinéma, et la mienne, aussi.
LA FEE
Bruno Romy, Fiona Gordon, Dominique Abel
EN BREF:
Un film terriblement daté, assez prétentieux malgré son absence d'artifices. C'est étrange, mais assez repoussant, et surtout très ennuyant, malgré une courte durée (heureusement).
La séance de La fée était assez loufoque en soi, les problèmes techniques se sont enchainés, touchant le son, l'image, la lumière de la salle... Bref, la salle était passablement énervée quand commença le film. Et ça n'est pas allé en s'arrangeant, l'oeuvre n'étant en rien ce qu'on nous promettait (un mélange poético-burlesque, avec des racines Chaplinesques et Tatiesques). Ce qu'on nous sert ici, c'est l'absurde histoire d'un veilleur de nuit dans un hôtel, qui a de la chance de tomber sur une bonne fée lorsqu'il s'étouffe avec un sandwich jambon-beurre-ketchup (dont le bouchon est tombé dans le sandwich). Viennent ensuite des personnages hauts en couleurs (ça, au moins, on ne le niera pas), qui en rajoutent dans la surenchère de l'absurde: un patron de bar quasiment aveugle, et atteint de Parkinson, des joueuses de rugby dans une soirée au bar, un client anglais pédant, trois blacks qui veulent passer en Angleterre (on est au Havre). Mais les trois réalisateurs, dont on ne doute pas de la drôlerie (certaines scènes valent tout de même le détour), semblent avoir confondu absurde et drôle. Tout ce qui est absurde n'est pas forcément drôle, et on fait face ici, la mine dépitée, à un scénario poussif et vain. Les trois acteurs-réalisateurs se trouvent drôles, et ça transpire à l'écran, le tout fait un peu prétentieux. Le talent comique, ils l'ont, mais en usent et abusent dans des ficelles trop faciles, trop voyantes. Par exemple, ces scènes de poursuite à répétition, ou les rencontres trop attendues entre tous les personnages. Du coup, à force de ne pas rire, on s'ennuie, et plus on s'ennuie, plus on cherche les défauts. Dans la mise en image, assez immonde, de la ville du Havre, et dans la mise en place très laborieuse d'un final pas si énorme que ça (on s'attendait au moins à ce que l'absurdité monte en épingle jusqu'à atteindre un certain comble). Premier film que je vois, donc, du trio Romy-Gordon-Abel, trois figures qui me resteront comme des figures du passé, qui réalisent ici un film terriblement daté, qui n'a rien d'actuel, ni d'intérêt dans le cinéma aujourd'hui. La fée est bien morne.
44% de réussite.