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Critiques des films récents, bilans mensuels... Coup de coeur, coup de blues, l'évolution du cinéma, et la mienne, aussi.

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L'accumulation

9 FILMS

A voir... ou pas!

 

EN BREF:

Tous les soirs, après les projections, je note, j'écris vite fait mes premières pensées sur chaque film. Et tous les soirs, je repousse l'échéance de certaines critiques. Pour cinquante raisons: parce que d'autres en parlent très bien, parce que j'ai plein d'autres choses à faire, et souvent par paresse, ou fatigue (les deux vont, chez moi, souvent ensemble). Alors, retour rapide, assez frustrant mais inévitable, sur 9 films qui ont fait l'actualité ciné de ces 3 dernières semaines...

 

      3 étoiles

 

ANOTHER HAPPY DAY

Sam Levinson

 

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Une comédie qui sait faire la part belle au cynisme, à un humour noir très corrosif. On prend beaucoup de plaisir à suivre cette famille disloquée, et la question qui plane autour du film est finalement d'une douloureuse justesse: pourquoi les familles ne s'aiment-elles (ou en tout cas jouent parfaitement le tableau de la famille unie) que lors d'un évènement triste? Ellen Barkin rompt avec une image pas fameuse qu'elle s'est créée, même si ses minauderies incessantes finissent par lasser un rien, vers la fin. Quant à Ezra Miller, il confirme tout le bien qu'on pensait de lui depuis We need to talk about Kevin, toujours impayable dans un rôle d'ado instable, légèrement dérangé et un peu obscur. Le scénario est celui d'une comédie solide, qui assume toutes ses outrances, et laisse perler quelques belles émotions. On sent un film à fleur de peau, sous la façade blindée Sundance et indé américain, une fragilité qui réhausse sans cesse une oeuvre parsemée d'éclats de rire, de seconds rôles croustillants (Demi Moore est juste parfaite), et d'instantanés de cinéma, d'originalité.

 

2 étoiles

 

THE DESCENDANTS

Alexander Payne

 

festival d'hiver

 

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Certes, un sympathique film, bien loin cependant des louanges qui lui ont étés adressées. The descendants, chronique familiale bien plus "dans la norme" que celle d'Another Happy Day, se suit sans déplaisir, parfois avec un bout d'ennui qui pointe brièvement son nez. Jaillissent ça et là des éclats de beauté (de manière générale, ce questionnement qu'a le personnage de Clooney sur l'amour qu'il porte à sa femme dans le coma), qui ne suffisent pas à masquer un scénario très linéaire, assez monotone, attendu. Le film n'est pas aidé par un propos consensuel et un peu mou, à savoir que Hawaï n'est pas un lieu particulièrement paradisiaque, et comme le dit la bande-annonce, que les douleurs humaines sont les mêmes qu'ailleurs. Sauf que c'est filmé comme une carte postale, dans un folklore plutôt assourdissant, sans énormément de personnalité, même s'il y a une délicatesse et une fluidité du récit plutôt revigorante (avec, il est vrai, une belle finesse lorsqu'il s'agit d'observer les rapports humains, avec de beaux seconds rôles à la clé). Alors, au final, on concédera un léger charme, et on réfutera la dizaine de nominations aux Oscars, pas du tout méritée (même si, effectivement, George Clooney n'a pas été aussi bon depuis longtemps) pour un bon petit film.

 

EN SECRET

Maryam Keshavarz

 

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Le sujet avait de quoi intriguer, deux filles qui tombent amoureuses en Iran. Le frère de l'une d'elles, après une cure de désintox, se rapproche dangereusement, jusqu'à en faire partie, de la police des moeurs, et scrute les faits et gestes de toute sa famille. On est d'abord surpris par le traitement esthétique du sujet. Le film, américain, a de quoi étonner et séduire, avec deux actrices énergiques et enjouées (presque trop pour sonner vrai), une plastique soignée (presque artificielle et inappropriée, du coup), une ambiance oscillant d'abord assez finement entre étouffement provoqué par une société (par ces plans de caméras de surveillance, assez bien vus), et audace d'une aventure interdite. Seulement plus le temps passe, plus les actions se répètent, et plus le manifeste pour les libertés individuelles se transforme en pure fiction. Par un scénario tiré à gros traits, par une finesse qui se dément par usure, par une émotion qui a beaucoup de mal à faire surface. Et si, à la fin, le bilan de l'oeuvre n'est pas si négatif (le moment n'est pas désagréable, l'histoire demeure plutôt forte, et le doublage d'une scène d'Harvey Milk ne s'oubliera pas), le film se révèle être un vrai coup d'épée dans l'eau pour la cause iranienne et homosexuelle.

 

TUCKER AND DALE

Eli Craig

 

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Si un jour on m'avait dit que j'étais capable d'apprécier un film de cet acabit, j'aurais été déçu de moi-même... Or Tucker and Dale est un pur, et jouissivement stupide, moment de détente. On rit vraiment beaucoup, on ressort le sourire aux lèvres, avec encore quelques hoquets de rires qui n'ont pas eu le temps de s'échapper pendant la séance. Pourtant le scénario est strictement inutile, le film insensément imbécile, les acteurs pitoyables dans l'outrance (ce qui les rend d'autant plus parfaits, si vous me suivez...). C'est honteux, le plaisir est coupable, les giclées de sang provoquent l'amusement. C'est démesuré, loufoque, décalé, foutraque, et ça va délibérément droit dans le mur. En le sachant, sans aucune prétention. Alors, du coup, merci à ceux-là, qui ont cru bon de critiquer positivement ce film, et m'ont permis d'aller l'apprécier à son injuste valeur!

 

SHERLOCK HOLMES 2: JEU D'OMBRES

Guy Ritchie

 

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Un autre plaisir coupable. Le premier était plutôt très bon, le deuxième, s'il est moins bien, et d'assez loin, reste un bon divertissement, bien calibré, de bonne facture, avec toujours ce gros défaut: pas un plan qui dure plus de cinq secondes. Les acteurs s'en donnent à coeur joie, nous entraînent avec eux dans un délire moins construit que dans le premier film. Les idées de scénario sont moins foisonnantes, avec une baisse de régime au niveau des bastons, qui prennent le pas sur les (très bien écrites) réflexions soliloques de Sherlock en compagnie de son cher Watson. De même, la paresse de la réalisation, qui se repose en grande partie sur une technique déjà huilée et sans risques, dénature légèrement le plaisir qu'on avait pu prendre à voir le premier opus. Reste une résolution énigmatique des plus intrigantes et inventives (notamment cette toute fin, ponctuée d'un assez brillant point d'interrogation), et un plaisir non démenti à regarder une franchise qui rajeunit clairement l'image d'un Sherlock Holmes bouffi et poussiéreux, notamment par des dialogues cinglants et vifs.

 

CAFE DE FLORE

Jean-Marc Vallée

 

festival d'hiver

 

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Malgré une intrigue foisonnante et qui aurait pu pousser le spectateur dans ses retranchements, vers une réflexion plus approfondie, Café de Flore se plante assez royalement, sans qu'on puisse savoir vraiment pourquoi. Deux parties se succèdent et se mélangent (avec lourdeur et insistance): une partie française (avec Vanessa Paradis, plutôt bien, et son gosse trisomique, très touchant, et assez juste dans son jeu), qui raconte une belle histoire de filiation, et un attachement profond, presque maladif, d'une mère envers son fils; une partie canadienne, beaucoup plus foutraque, avec un couple séparé, et une femme qui cauchemarde, et rêve d'un gosse à l'arrière de sa voiture, peu avant un accident. Or si une partie du film parvient, tant bien que mal, à nous captiver (toute la partie sur la perception de la maladie, et sur un rapport à la vie assez ambigu), l'autre parait artificielle, fumeuse, et est totalement vaine (cette partie ou la femme tente de se mettre en relation avec ce garçon dont elle rêve). De même, le DJ totalement désincarné que porte le comédien Kevin Parent (qu'on veut revoir) n'a pas grand-chose à défendre, si bien qu'on se demande l'intérêt de la partie canadienne dans son entier. Les derniers rebondissements du récit achèvent de nous convaincre que le film n'a pas grand intérêt, tant son propos est flou, ses tentatives vaines. En revanche, et c'est très étonnant, l'émotion est bien là. On ne sait pas si elle est factice, produite par une débandade technique assez énorme (belle bande originale, et intense travail sur l'ambiance), ou réelle, provoquée par quelque chose d'habité, tendant doucement mais surement vers la vérité. On a une certitude en tout cas: le film, s'il s'était concentré uniquement sur la partie française, aurait pu être sublime, à la mesure du talent qu'avait déployé Jean-Marc Vallée dans son excellent premier film, C.R.A.Z.Y., qu'on regrette...

 

TATSUMI

Eric Khoo

 

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J'étais sorti de la salle très dubitatif. D'une part parce que je me suis beaucoup ennuyé, et d'autre part parce que malgré mon désintérêt pour le film, je reconnais un talent du récit particulier, et une beauté assez époustouflante de l'animation. En revanche, une semaine et demie à peine après la projection, je ne me rappelle que de quelques images, ce qui m'inquiète légèrement. Tatsumi, du nom d'un auteur de BD japonais, est un film d'animation orienté vers un public adulte, racontant, par le prisme de courtes histoires dessinées par le défunt mangaka, l'histoire douloureuse du Japon juste après la guerre. Il y a des moments qui frôlent le sublime, comme cette magnifique prise de conscience d'un homme sur les débris d'Hiroshima, quelques heures seulement après le largage de la bombe atomique. Il y a aussi une inextricable dureté du regard d'un dessinateur sur l'histoire d'un pays. Ca peut être passionnant, mais c'est aussi un moment de lucidité qui plombe complètement l'ambiance. Eric Khoo réalise certainement un très beau film (techniquement c'est certain), à côté duquel je suis partiellement passé, à regret.

 

0 étoiles bis

 

JC COMME JESUS CHRIST

Jonathan Zaccaï

 

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Ah, ah! La bonne blague! Et dire qu'on a voulu me faire croire que ce film a été réalisé par Jonathan Zaccaï, l'excellent acteur. Ah, ah! J'en ris encore! La grosse blague. J'ai vraiment été assez stupide pour être convaincu, un instant, que l'un des acteurs les plus étonnants de sa génération avait fabriqué cette merde noire et totale. Je me suis très rapidement rendu à l'évidence: c'est Yann Moix qui a réalisé, non? Ou alors, Kad? Après tout, pourquoi pas Vincent Lacoste, qui n'a encore jamais fait de bon film? Qui que ce soit, je tiens à dire que JC comme Jésus Christ est surement l'un des films les plus nombrilistes, adressé semble-t-il plus à ses techniciens et comédiens qu'au public, qu'il m'ait été donné de voir, alors qu'il prétend être un coup de poing sur le nombrilisme, justement, du petit monde du cinéma français. Quelle prétention, quelle indigence. Si on ne s'étonne plus des minauderies risibles de Elsa Zylberstein, on a en revanche du mal à conceptualiser Aure Atika en mauvaise actrice, ce qu'elle est objectivement ici. Comme on a du mal à se dire que des gens comme Gilles Lellouche ou Nathanaël Karmitz aient pu accepter ne serait qu'une seule scène après la lecture d'un scénario qu'on imagine totalement miteux. Et qui plus est pour Karmitz, le produire! Bref, on préfère en rire qu'en pleurer, même si on en est pas loin, tant le film est laid, laborieux et répétitif. Je continuerais à croire qu'il n'a pas été réalisé par Jonathan Zaccaï, pour la peine!

 

IL ETAIT UNE FOIS, UNE FOIS

Christian Merret-Palmair

 

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Bon, celui-là, je l'ai cherché. Pas besoin d'être grand sage pour sentir derrière la façade le gros navet qui se cachait. Le "cinéaste" joue sur le filon Ch'ti, en prônant "l'humour belge", et en se faisant le défenseur de ces tartuffes de pacotille. Le pitch est totalement capillotracté, le but n'était pas que l'on y croit. Et même si l'on s'attend à une comédie classique, qu'on ne s'y trompe pas, on en est bien loin, puisqu'il n'y a pas l'once d'une vérité ou d'une crédibilité, ni bien sur d'un intérêt, dans ce film volontairement grossier, involontairement énervant (enfin, je l'espère). Le comble arrive certainement quand Stéphane Bern apparait, ou quand le film se la joue romantique. Inutile de préciser qu'on est même pas déçu, parce que ça fait bien longtemps qu'on sait que les belges ont de très bons représentants de leur humour si particulier, et si jouissif lorsqu'il est bien utilisé. Or si, comme le croit le "réalisateur", la fine fleur (mouhaha!) de l'humour belge est dans son film, on s'inquiète légèrement pour l'avenir du pays (ah oui, quitte à éxagérer, autant y aller à fond). Bref, comme on l'attendait, Il était une fois, une fois participe avec fracas et bonne volonté au magnifique concours de navet organisé par bon nombre de réalisateurs en ce moment, et autant dire qu'il est en bonne place pour le remporter, ou être dans le triplé de tête! On sort du film navré, ou pas d'ailleurs, juste énervé par une logique dispendieuse extrêmement choquante sur ce genre de films ne représentant au final qu'un néant absolu et irréversible.

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F
Bon ben on est en phase sur tous les films à ce que je vois ^^<br /> "Another happy day" met KO "The Descendants" : les deux films racontent la même chose, mais seulement le premier parvient à sortir de son carcan "Sundance" pour révéler une véritable personnalité<br /> et un humour grinçant, méchant comme on l'aime. Quant au kiffant "Sherlock Holmes" de Guy Ritchie, pas besoin de chercher midi à quatorze heures : c'est drôle, c'est con et c'est bon, point<br /> barre.<br /> <br /> Pour "JC", que je n'ai pas vu (et que je n'irai pas voir du coup), je suis un peu déçu, parce que la bande-annonce est vraiment poilante et qu'il y avait moyen de faire une très bonne comédie. En<br /> +, Zaccaï est un acteur assez bon et une gueule sympathique... "Café de Flore", par contre, avait l'air affreux et je n'ai pas osé m'y aventurer.
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G
<br /> <br /> Ah ça c'est sur, JC comme Jésus Christ restera longtemps dans mes annales comme une énorme déception, vu le capital sympathie que j'accorde depuis longtemps à Jonathan Zaccaï... Sinon, j'aime<br /> bien le "c'est drôle, c'est con et c'est bon" sur Sherlock Holmes 2, et la méchanceté d'Another Happy Day m'a bien plus plu que la mollesse des Descendants...<br /> <br /> <br /> <br />
T
Visuellement réussi, mais trop d'action, dans le dernier Sherlock ! Pour moi, le meilleur reste La vie privée de SH, de Billy Wilder !
Répondre
T
Comme pour La vie d'une autre, ce mercredi 15 février, l'équipe au grand complet devait passer dans les salles afin de présenter le film. J'ai un ami qui y a été afin de voir Anne Marivin à la<br /> scéance de 14h à l'UGC Montparnasse. Il paye sa place, ils étaient 6 dans la salle donc l'équipe n'est pas venue présenter le film. Pendant une semaine, le cinéma en a fait de la pub pour au final<br /> du vent. A la fin de la scéance, il fallait rester pendant le générique car il y avait des scènes inédites. Il faut que t'y retournes...
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