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20 mai 2011 5 20 /05 /mai /2011 01:09

PLUS OU MOINS

 

Tous les films en retard, avec pour chaque film, trois, deux ou une bonne raison d'aller les voir (selon qu'ils aient trois, deux ou une seule étoile), et une, deux ou trois bonnes raisons de ne pas y aller. Flemme, quand tu nous tiens...

 

 

3 étoiles

 

L'étrangère

 

L'étrangère, de Feo Aladag.

Sorti le 20 avril.

+: Le sujet et son impact, on sort de la salle révolté et suffoquant, pris par un sujet extrêmement lourd et pour lequel on aimerait jouer les grands libérateurs.

+: L'actrice Sibel Kekilli, magnifique de sincérité, bouleversante. Elle donne une force et une grâce à son rôle.

+: La fin, totalement inattendue, terrassante, qui vous marque à jamais.

-: Donnons raison à ceux qui n'aiment pas du tout le film, c'est parfois un peu too much, sur la corde sensible, et ça tire un peu trop l'émotion.

 

Les yeux de sa mère, de Thierry Klifa.

Sorti le 23 mars.

+: Le casting, fabuleux et parfait, de Catherine Deneuve à Marisa Paredes, de Gilles Cohen à Nicolas Duvauchelle, de Géraldine Pailhas à la révélation Jean-Baptiste Lafarge. Les confrontations sont succulentes.

+: L'histoire, un bon gros mélo chaleureux comme les cinéastes français savent parfois si bien les faire.

+: L'ambiance, entraînante, on se sent bien dans ce film qui nous donne un beau plaisir de cinéma.

-: Le tout est tout de même assez cousu de fil blanc, c'est prévisible et déjà vu, surtout chez Klifa.

 

Route Irish, de Ken Loach.

Sorti le 16 mars.

+: Le scénario, toujours signé du génial Paul Laverty, fantastique mélange de fiction et d'une véracité crue.

+: L'engagement d'un cinéaste qui ne faiblit pas et qu'on prend toujours autant de plaisir à retrouver.

+: Comme toujours chez Ken Loach, le jeu extrêmement naturel de tous les comédiens, inconnus. Un plaisir réel à chaque fois que de découvrir des têtes qui nous rappellent le réel.

-: Le timing du film, un peu en retard, et l'incapacité de Ken Loach à faire un film qui soit réellement fait pour un grand public.

 

Coup d'éclat, de José Alcala.

Sorti le 27 avril.

+: La prestation magistrale de Catherine Frot, impressionnante de sobriété en femme flic, dans un rôle ingrat et magnifié ici.

+: L'enjeu du film, dans les débats actuels sur « l'islam en/de France », sur « l'identité nationale ». L'histoire est évidemment profondément ancrée dans le réel, et le discours est très juste, en restant tout à fait réaliste.

+: Une réalisation très sèche et très âpre, qui donne un climat tout à fait unique au film, qui est un très bon polar.

-: Des chutes de rythmes qui auraient pu être évitées, on a parfois l'impression que le cinéaste hésite à épurer totalement son film, si bien qu'à certains moments, on décroche un tout petit peu.

 

Never let me go, de Mark Romanek.

Sorti le 2 mars.

+: L'histoire, assez profonde sur la science et sur notre devenir, une science-fiction qui paraît vraiment réelle, et qui passionne et nous hante assez longtemps après le film.

+: La bande de comédiens, tous très prometteurs, parmi les meilleurs de leur génération (Andrew Garfield semble en être l'un des meilleurs représentants), et très impliqués dans leurs rôles.

+: L'ambiance très réaliste, grâce à une très belle photo, donnée à un récit très original de science-fiction, comme on n'en a jamais vu.

-: La dramatisation excessive de certaines situations, le but du réalisateur étant clairement, parfois, de nous faire chialer.

 

Animal Kingdom, de David Michôd.

Sorti le 27 avril.

+: Ce qu'on retient avant tout, c'est une ambiance exceptionnelle, un film noir à l'âpreté rare, très intrigant et très prenant.

+: Les comédiens, percutants dans leur rôle, qui tiennent tous leur rôle sans faillir (c'eût été facile).

+: Cette fin que le temps a suspendu à jamais, d'une rare mais belle violence, une vengeance mélancolique et audacieuse.

-: Le film ne nous épargne pas de longues séquences d'ennui, on a parfois du mal à vraiment rentrer dans le film.

 

 

2 étoiles

 

pina-2.jpg

 

Où va la nuit, de Martin Provost.

Sorti le 4 mai.

+: Yolande Moreau, comme d'habitude exceptionnelle de bonhomie. Une oeuvre a elle toute seule, on ne le dira jamais assez.

+: L'échappée finale, magnifique, qui crée une ambiance propice à la fois au plus grand des suspens et à la plus grande des émotions.

-: Un scénario un peu casse-gueules, qui passe à côté de pas mal de choses, et qui se surcharge d'éléments pas franchement bien tenus (l'histoire du couple homosexuel est assez mal fagotée).

-: On s'ennuie rapidement dans un univers qui a résolument du mal à nous emmener. Les longueurs sont légion.

 

La proie, de Eric Vallette.

Sorti le 13 avril.

+: Un vrai suspens, un thriller qui prend vraiment, le temps du film, on s'accroche au siège, et on s'en relève presque essoufflé.

+: Albert Dupontel, hyperactif et d'une énergie folle, qui se voue corps et âme à son rôle. Stéphane Debac est à retenir également, effrayant dans son rôle de méchant, qu'il tient à la perfection.

-: Certes, on en sort essoufflé, ce qui n'empêche pas le souvenir du film de retomber comme un soufflé. Un très bon moment, oublié illico.

-: Le scénario, bien mince, qui aurait pu servir d'autres objectifs, et donner un peu plus d'enjeux au film. Dommage qu'on ne se permette que rarement de faire des films haletants ET passionnants.

 

Rabbit Hole, de John Cameron Mitchell.

Sorti le 13 avril.

+: Le plaisir de retrouver Nicole Kidman dans un très beau rôle. Et elle est assez bouleversante.

+: L'émotion, qui coule de ce film à fleur de peau, très discrète, assez charmante.

-: L'émotion, pas assez marquante pour rendre le film inoubliable.

-: La réalisation, un peu mollassonne, je me suis tout de même assez vite ennuyé, même si une partie du charme discret du film se joue dans ce rythme apaisé et très lent.

 

127 heures, de Danny Boyle.

Sorti le 23 février.

+: Le punch et la niaque d'une réalisation hyper énergique, on reconnaît bien Danny Boyle, qu'on aime ou qu'on déteste.

+: James Franco, excellent dans son rôle, tour à tour drôle, effrayant, émouvant. Une belle prestation.

-: Un pari biaisé par les incessantes entorses à l'enfermement qu'aurait du provoquer le film: la caméra bouge, s'envole, les flash-backs sont nombreux... Déception de ce côté.

-: Le souvenir que laisse le film, absolument pas mémorable, puisque clairement un produit de consommation prémâché-prédigéré, comme dirait l'autre.

 

Cirkus Columbia, de Danis Tanovic.

Sorti le 23 mars.

+: Miki Manojlovic, un acteur que j'apprécie outre-mesure, qui livre ici une performance géniale, il est détestable et pourtant attachant, c'est parfait pour le personnage.

+: Revenir dans un climat très réussi de début de guerre, loin des bombardements mais proche de la crise, un film passionnant à cet égard.

-: Qu'est-ce que c'est long, long, long...

-: La fin est un peu niaise, même si elle part sur une belle intention. Et mal réalisée, de surcroît.

 

Source Code, de Duncan Jones.

Sorti le 20 avril.

+: Le procédé, très agréable à suivre, et jamais répétitif. On s'amuse beaucoup à comparer, prévoir, deviner... C'est très plaisant à voir.

+: Jake Gyllenhall, acteur que j'aime vraiment bien, très impliqué et très impliquant dans ce rôle précisément.

-: Qu'est-ce que c'est que cette fin? Niaise, nauséabonde et ridicule, qui fait retomber tout le film, qui jusque là me procurait un grand plaisir.

-: Avec cette fin, le film perd tous les enjeux qu'il avait jusqu'alors mis en place. Et défait toute la crédibilité, ou en tout cas l'intérêt, du film.

 

Je n'ai rien oublié, de Bruno Chiche.

Sorti le 30 mars.

+: Gérard Depardieu, aux yeux noisettes très attachants et bouleversants. Il est formidable dans ce rôle d'homme vieillissant et atteint d'Alzheimer. Jamais en surjeu, il tient un fil ténu qui ne se brise jamais. Le reste du casting est également très bon, c'est un beau film d'acteurs.

+: Le rapport au temps, bien exploité ici, entre personnages vieillissant, jeunes qui perdent leur temps, la notion de l'oubli dans le temps. La seule notion que le cinéaste parvient à rendre intéressante.

-: On s'ennuie beaucoup, parce que le réalisateur ne sait pas comment donner de l'intérêt à son film, l'intrigue est bien trop mince, et le rythme jamais contrebalancé par de l'énergie.

-: Nous, on a tout oublié. Impossible de se rappeler du film plus d'un mois après sa vision, rien ne marque.

 

Voir la mer, de Patrice Leconte.

Sorti le 20 avril.

+: Le soleil, la sensualité, le désir à chaud, un film très agréable à regarder, surtout en cette période quasiment estivale.

+: L'énergie très juvénile des trois comédiens, éclatants et qui prennent visiblement du plaisir (on notera le naturel de Pauline Lefevre, et on se demandera quand même si ce tout petit film lui permettra de continuer).

-: Le scénario, qui tourne très vite en rond, parce qu'il n'a vraiment pas grand chose à raconter.

-: Patrice Leconte (qu'on est ravi de revoir en forme) aurait pu penser à moins s'embarrasser de folklore bruyant, parfois assourdissant.

 

Pina, de Wim Wenders.

Sorti le 6 avril.

+: Evidemment, la beauté du geste, certaines scènes magnifiques et une belle récurrence de la danse des quatre saisons (longues processions bouleversantes avec gestes).

+: L'évidence d'un hommage, la découverte et l'exploration d'un univers empli de joie, de folie.

-: Une réalisation trop classique, trop formelle (les interviews), trop en décalage avec l'univers de Pina Bausch.

-: Forcément, à la comparaison, le documentaire Les rêves dansants écrase son concurrent, et le Pina de Wenders peine à nous emporter, malgré la 3D, comme il peine à nous montrer la dimension humaine du projet.

 

Conviction, de Tony Goldwyn.

Sorti le 16 mars.

+: Un scénario qui laissait croire à un énième film politico-judiciaire inintéressant, et qui finalement est une histoire bien écrite et assez forte à suivre.

+: Les acteurs, Hilary Swank en tête, paraissent particulièrement impliqués, et n'ont du coup aucun mal à nous faire croire à la sincérité de leur jeu.

-: Un film un peu trop hollywoodien, qui se donne beaucoup d'air alors qu'il aurait pu se permettre plus de simplicité.

-: Un écueil forcé, c'est très tire-larmes...

 

Je veux seulement que vous m'aimiez, de Rainer Werner Fassbinder.

Sorti le 20 avril.

+: Le plaisir éprouvé à voir un film assez vieux dans un cinéma (1976), avec ce grain à l'image, ce son comme brouillé par le temps.

+: L'ambiance de l'Allemagne de l'Ouest des années 70, quand le mur était encore là, et le désir d'émancipation de ce jeune couple, le tout est vraiment passionnant (de même que la construction globale du film).

-: Passé le plaisir de la pellicule et la passion de l'époque, on s'ennuie quand même énormément, pour un film qui reste destiné à ceux qui veulent se documenter sur l'état du cinéma allemand dans les années 70.

-: Le film s'étiole assez rapidement, on ne se souvient pas de grand chose.

 

La fille du puisatier, de Daniel Auteuil.

Sorti le 20 avril.

+: On pensait pouvoir se moquer du film, on y allait même un peu pour ça, et malheureusement c'est impossible: d'une facture classique, le film est objectivement bien tenu.

+: Daniel Auteuil reste un très bon acteur, il se révèle même assez émouvant, c'est la dernière chose qu'on aurait pu penser avant d'aller voir le film.

-: Le reste du casting est pitoyable, en tout cas très mal dirigé: Kad Merad change d'accent toutes les deux secondes, jusqu'à parfois l'oublier, Astrid Bergès-Frisbey paraît assez niaise, elle ne donne à son personnage ni personnalité ni profondeur, le couple Darroussi-Azéma est en totale roue libre.

-: La teneur du film reste tout de même bien mince, on connait l'histoire, on sait comment ça va se terminer, c'est assez lambinou, on en sort pas très ému... Bref, certains écueils que la bande-annonce laissait parfaitement paraître.

 

 

1 étoile bis

 

winter-s-bone.jpg

 

La ligne droite, de Régis Wargnier.

Sorti le 9 mars.

+: Cyril Descours et Rachida Brakni sont parfaits, coriaces et têtus, un beau travail de comédien qui nous fait oublier leurs noms le temps d'un film.

-: Le film, qui porte bien son nom: une ligne droite, sans aspérités, sans obstacles, sans force.

-: Le superflu technique qui entoure le propos à forte teneur sociale du film. Des ralentis monstrueux, un constant « lissage » de l'image un peu gênant... Du coup, rien ne ressort.

-: Régis Wargnier s'entête à tuer toute émotion avec une musique qui, à défaut de nous prendre à la gorge, nous écorche largement les oreilles.

 

Juste entre nous, de Rajko Grlic.

Sorti le 11 mai.

+: La force des comédiens, Miki Manojlovic en particulier, qui tiennent leur rôle sans ciller.

-: Le scénario, mal écrit, qui ne tient en tout cas pas sur la longueur, tant le film revêt cet aspect répétitif.

-: L'ambiance, sorte de soap télévisuel ultra téléphoné, assez gênante car parfois voyeuriste également.

-: Le film paraissait audacieux en prônant la liberté sexuelle hors de tout sentier battu et de toute norme maritale, il est bien fade au final, parce que pas assez rentre-dedans.

 

Winter's bone, de Debra Granik.

Sorti le 2 mars.

+: Jennifer Lawrence, parfois fascinante, très belle dans un rôle très complexe.

-: Un scénario très manichéen, qui ne m'a pas intéressé une seule seconde.

-: Une lenteur qui confère à l'ambiance très noire un aspect contemplatif qui m'a déplu, je ne me suis pas senti emporté par cette atmosphère qui aurait pu (et du) être étouffante.

-: Beaucoup de scènes que j'ai trouvé inutiles, et un final très décevant par rapport à ce que promettait le reste.

 

La ballade de l'impossible, de Tran Anh Hung.

Sorti le 4 mai.

+: La beauté, la poésie et la force d'un merveilleux début de film, 10 minutes.

-: La stupidité et l'artifice du reste, quasiment deux heures.

-: Un scénario qui veut en dire beaucoup mais qui reste la plupart du temps lettre morte.

-: Une adaptation dont on voit trop les ressorts, on a le temps d'imaginer à chaque fois comment a été fait la scène. Ca reste trop littéraire, et très très lourd à digérer.

 

Requiem pour une tueuse, de Jérôme Le Gris.

Sorti le 23 février.

+: Par moments, une ambiance bien recréée, sans plus, et une plutôt bonne idée de départ.

-: Un scénario, totalement foutraque, mal écrit, qui ne tient pas debout.

-: Des acteurs qui cabotinent totalement (Clovis Cornillac et Mélanie Laurent essayent mais ne s'en sortent pas, Tchéky Karyo est ridicule).

-: Quel ennui!

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